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Bulletin Quotidien Europe N° 11520
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) consommateurs

Le label 'durable' est plus vendeur que l'obsolescence programmée, selon le CESE

Bruxelles, 29/03/2016 (Agence Europe) - L'obsolescence programmée est une pratique que condamnent fermement les consommateurs qui sont prêts à payer plus cher pour un produit plus résistant, selon une étude publiée mardi 29 mars par le Comité économique et social européen (CESE).

Mieux encore, cette étude montre que l'étiquetage de la durée de vie des produits fait vendre: le label « durable » entraîne en moyenne 56% de vente en plus pour les produits à longue durée de vie.

L'étude sur 'les effets de l'affichage de la durée d'utilisation des produits sur les consommateurs ', commandée par le CESE, a été réalisée dans quatre pays ou régions de l'UE (France, Espagne, République tchèque, Benelux) par simulation d'un achat en ligne de produits de consommation courante (valise, imprimante, machine à café, aspirateur, smartphone, pantalon, chaussures de sport, télévision, machine à laver). Les 2 917 Européens qui y ont participé avaient le choix entre 10 modèles par catégorie de produit.

« Ce que montre de manière indiscutable cette première étude européenne, c'est que le problème de l'obsolescence programmée ne résulte pas tant d'une programmation calculée de l'obsolescence que d'un manque d'information du consommateur sur la durée de vie des produits. Replacer le consommateur au centre du dispositif en améliorant l'information sur les produits qu'il achète est une exigence économique, sociale et environnementale. C'est aussi un levier majeur pour une confiance retrouvée dans les entreprises », commente Thierry Libaert, rapporteur de l'avis que prépare le CESE sur le sujet.

Au vu des résultats de cette étude, le CESE appelle la Commission européenne à proposer une législation européenne sur l'obsolescence programmée. De l'industrie, il attend qu'elle instaure des dispositifs de certification volontaire des produits durables et il encourage les citoyens à se mobiliser et à agir pour induire un changement des mentalités.

Voici les principaux enseignements de cette étude:

En moyenne, les participants se disent prêts à payer 102 € de plus pour un lave-vaisselle vendu entre 300 et 500 €, dont la durée de vie serait supérieure à deux ans, mais le montant additionnel que le consommateur est prêt-débourser varie en fonction du PIB du pays dans lequel il réside. Les personnes à faibles revenus sont plus susceptibles d'être victimes de l'obsolescence programmée.

La progression des ventes de produits étiquetés durables est spectaculaire: 128% pour les valises et 70% pour les imprimantes, par exemple, 41% pour les smartphones, avec des variations selon les pays. Ainsi, les Français sont plus sensibles aux informations sur la durabilité des produits (une augmentation de 118% des chiffres de vente des produits arborant ces données, que les Belges et les Néerlandais (+45%), les Tchèques (+39%) et les Espagnols (+32%).

Les étiquetages les plus efficaces, en termes d'accroissement des ventes, sont ceux calqués sur le classement en vigueur pour la consommation énergétique des appareils (A à G).

80% des participants estiment que les producteurs ont une responsabilité majeure dans la durée de vie des produits. Les femmes sont plus enclines à fonder leur décision d'achat sur le critère de durabilité, et les 25-35 ans sont la catégorie d'âge la plus sensible à ce critère lors de l'acte d'achat.

Une proposition législative sur l'obsolescence programmée s'inscrirait dans la logique de l'économie circulaire vers laquelle la Commission européenne tente d'orienter l'UE. (Aminata Niang)