Bruxelles, 29/03/2016 (Agence Europe) - De l'aide humanitaire européenne acheminée par deux camions est arrivée à Athènes mardi 29 mars, a annoncé la Commission européenne le jour même. Le convoi a livré 50 radiateurs électriques, 100 lits, 50 tentes, 150 alarmes incendie, 32 extincteurs, 500 couvertures fournis par la Suède, 100 lits et 1 000 oreillers offerts par l'Allemagne.
Ces produits de première nécessité ont été offerts via le mécanisme de protection civile de l'UE, en réponse à la demande d'assistance introduite par les autorités grecques en décembre dernier (EUROPE 11486).
La semaine dernière, l'aide annoncée par plusieurs États membres (Autriche, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Lituanie, Espagne, Suède) et la Norvège avait été acheminée (EUROPE 11511).
« Au total, 17 pays ont, jusqu'ici, mis à disposition plus de 87 000 produits et équipements », souligne le commissaire européen à l'Aide humanitaire et la Gestion des crises, Christos Stylianides, qui « remercie les États membres et, en particulier, les autorités nationales de protection civile » pour leur solidarité.
À l'heure où le flot de migrants semble baisser en intensité (moins de 1 000 migrants arrivés en Grèce lundi 28 mars, contre 2 000 par jour les semaines précédentes, indiquait, mardi, une porte-parole de la Commission EUROPE 11519), M. Stylianides appelle toutefois les États membres à faire plus. « Il faut davantage d'offres, car il ne fait aucun doute que les besoins humanitaires des réfugiés en Grèce demeurent élevés », précise M. Stylianides.
Pour Human Rights Watch, il ne fait aucun doute que l'accord UE/Turquie sur les migrants a aggravé la crise humanitaire au Port d'Athènes. L'ONG, qui a effectué une visite au Pirée du 9 au 22 mars, estime que le manque d'implication du gouvernement grec, une organisation médiocre, des ressources rares, le manque d'information, l'anxiété et la crainte à l'égard de cet accord contribuent à l'insécurité et la souffrance.
« Des femmes enceintes, des personnes handicapées et des jeunes enfants sont bloqués dans les limbes sans dignité et sans espoir. La souffrance au Pirée est une conséquence directe de l'échec de l'Europe à répondre de manière légale et compassionnelle à la crise », affirmait, jeudi 24 mars, Eva Cossé, de Human Rights Watch. La situation chaotique au Porte du Pirée, combinée à la fatigue et au désespoir des migrants dus à la fermeture des frontières, a créé une situation de tension et d'insécurité à l'origine de confrontations violentes entre migrants syriens et afghans, affirme l'ONG. Elle souligne que les femmes et les enfants, privés de tout confort élémentaire et de toute intimité, sont « exposés au risque de harcèlement sexuel et de violence ».
Selon le UNHCR, les femmes et les enfants, en provenance principalement de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, représentent désormais près de 60% de ceux qui cherchent refuge en Europe. (Aminata Niang)