Bruxelles, 17/03/2016 (Agence Europe) - L'éducation et la culture ont un rôle essentiel à jouer dans l'intégration des immigrants et de leurs enfants. Il faut donc améliorer la formation des professeurs et soutenir l'apprentissage d'une deuxième langue chez les primo-arrivants. Telles sont les conclusions d'une audition publique organisée mardi 15 mars par la commission de la Culture et de l'Éducation du Parlement européen.
« Les droits humains prévalent sur le droit des citoyens. Même si leur statut est refusé, les migrants ont droit à la dignité », a déclaré la présidente de la commission parlementaire, Silvia Costa (S&D, italienne), avant de réclamer des ressources supplémentaires pour financer l'éducation des réfugiés, y compris dans les camps, et à considérer ces personnes comme de nouvelles ressources humaines pour l'UE.
L'audition publique, qui a duré près de trois heures, a rassemblé une série d'experts, parmi lesquels Mario Piacentini, analyste à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « Le nombre d'immigrants dans l'enseignement a augmenté ces dernières années: entre 2003 et 2012, la part d'étudiants de 15 ans issus de l'immigration a augmenté de 4 à 6% pour atteindre 12% des étudiants en 2012. La culture et l'éducation des enfants avant qu'ils migrent ainsi que les caractéristiques des systèmes d'éducation des pays de destination ont un impact sur leur performance », a indiqué Mario Piacentini, s'appuyant sur un rapport de l'OCDE intitulé « Élèves issus de l'immigration à l'école: faciliter le voyage vers l'intégration ». Il a notamment expliqué qu'en Finlande 90% des élèves exprimaient un haut sentiment d'appartenance à leur école en raison notamment d'un diagnostic précoce de soutien linguistique et du rôle joué par les enseignants formés à accueillir des élèves d'origine étrangère.
Brigitte Balbach, représentant les enseignants de Rhénanie du Nord/Wesphalie, a, quant à elle, insisté sur la formation des professeurs. « Nous devons accueillir ces enfants correctement: il faut mieux connaître le projet des enfants, entretenir des contacts plus étroits avec leur famille, former les enseignants, se concentrer dès le début sur l'apprentissage de la langue et encourager la transmission de nos valeurs », a-t-elle expliqué, indiquant que l'objectif était que « les deux parties parviennent à une compréhension mutuelle ». (Sophie Petitjean)