Bruxelles, 17/03/2016 (Agence Europe) - Selon le think tank Momagri, le commissaire européen Phil Hogan a présenté des mesures « éphémères qui ne règlent pas les problèmes structurels », alors que les exploitants sont en crise (voir aussi autre nouvelle).
Via l'article 222 du règlement de l'OCM (organisation commune des marchés), la Commission a le droit, et donc la responsabilité, d'agir en cas de graves déséquilibres de marchés en activant différents leviers comme des mesures de retrait ou des 'planifications temporaires de la production', précise le think tank dans un communiqué publié mardi 15 mars. « Malheureusement, le commissaire a annoncé que les mesures de maîtrise de l'offre ne seraient proposées que sur une base volontaire, alors que l'article 222 autorise la Commission à l'imposer à tous », relève Momagri. De plus, « aucune précision n'est faite sur le budget mobilisable pour rendre attractif le dispositif ».
Cet organisme doute ainsi de l'efficacité des mesures: bon nombre de pays et d'entreprises productrices risquent, selon Momagri, de présenter « toutes les excuses pour ne pas contribuer à l'effort collectif d'assainissement du marché ».
Quant aux autres mesures telles que le relèvement du plafond des aides d'État ou du plafond d'intervention pour la poudre de lait et le beurre, ou la création d'un observatoire européen des marchés sur la viande de boeuf et la viande de porc, « comment s'en réjouir alors qu'elles devraient relever de l'activité normale de la Commission européenne dans sa fonction de régulateur du secteur agricole européen ? »
Momagri demande une révision de la PAC (politique agricole commune) pour qu'elle puisse faire face aux crises agricoles et qu'elle assure « un minimum de stabilité aux agriculteurs ». Pour ce think tank, Phil Hogan a commis « une grave erreur politique en mettant plus de six mois à proposer d'activer une réglementation adoptée en décembre 2013, et il devrait remettre sa démission ». (Lionel Changeur)
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