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Bulletin Quotidien Europe N° 11504
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INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

MM. Cameron et Hollande prônent un langage de vérité sur les conséquences d'une sortie de l'UE

Bruxelles, 03/03/2016 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, et le Premier ministre britannique, David Cameron, ont plaidé pour que les Britanniques soient dûment informés des conséquences d'une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, jeudi 3 mars, à l'issue d'un sommet franco-britannique à Amiens (France).

« Il faut dire la vérité. Il y aura des conséquences si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne », a déclaré M. Hollande, évoquant un impact pour le marché unique, la place financière londonienne et les personnes. M. Cameron a invité ses concitoyens à écouter les mises en garde des pays amis, tels que la Nouvelle-Zélande ou le Canada, et d'organisations patronales sur les conséquences d'une victoire du 'non' au maintien du Royaume-Uni dans l'UE, lors du référendum du jeudi 23 juin. Dire que ces avertissements font partie d'une « grande conspiration » visant à induire les Britanniques en erreur, « c'est juste n'importe quoi », a-t-il estimé.

La veille, le gouvernement britannique avait publié un rapport sur les alternatives possibles à l'adhésion à l'Union européenne en prenant l'exemple de pays non membres de l'UE tels que la Norvège, la Suisse ou la Turquie, mais ayant des relations contractuelles avec l'Union. « Nous devons analyser les avantages qu'offre un modèle alternatif par rapport à ce que nous procure actuellement une appartenance à l'UE. Le gouvernement britannique est d'avis qu'aucun modèle en dehors du statut actuel découlant d'une appartenance à l'UE ne s'y rapproche en termes d'avantages et d'influence », conclut ce rapport.

Le document liste les conséquences d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE parmi lesquelles: - perte d'influence dans l'élaboration des règles européennes que le pays devra appliquer pour continuer à avoir accès au marché intérieur ; - perte d'un accès préférentiel à 53 marchés de pays tiers avec lesquels l'UE a conclu des accords commerciaux ; - nécessité d'accepter la libre circulation des personnes en échange d'un accès total au marché unique ; - afin de préserver les droits des citoyens britanniques résidant dans l'UE, obligation quasi certaine d'accepter des accords réciproques pour les citoyens de ces pays résidant au Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique souligne que la Norvège n'a pas accès au marché unique pour ses produits agricoles et de la pêche ni aux marchés de pays tiers avec lesquels l'UE a des accords commerciaux. Aucun accord bilatéral signé avec l'UE n'accorde au pays tiers concerné (ex: la Suisse) un accès total au marché unique à ses propres services, alors que l'économie britannique repose pour 80% sur les services. Faute d'un accord contractuel immédiat avec l'Union (sa négociation pourrait prendre 10 ans), les relations commerciales avec les vingt-sept pays de l'UE reposeraient sur les règles de l'OMC. Cette situation constituerait « un choc économique majeur », estime le gouvernement britannique. Les pays de l'UE devraient imposer des droits de douane à l'importation de produits britanniques. Dans le même temps, le Royaume-Uni devrait choisir entre relever ses droits de douane pour les importations européennes avec pour conséquence une perte d'attractivité du pays, ou baisser ces droits avec pour conséquence une perte de revenus pour le pays.

Voir le rapport: https://www.gov.uk/government/publications/alternatives-to-membership-possible-models-for-the-united-kingdom-outside-the-european-union . (Mathieu Bion et Solenn Paulic)

 

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