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Bulletin Quotidien Europe N° 11503
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) industrie

Mme Van Brempt présidera la commission d'enquête du PE sur Volkswagen

Bruxelles, 02/03/2016 (Agence Europe) - À l'issue de longues et difficiles négociations, Madame Kathleen van Brempt (S&D, belge) a été élue présidente par les membres de la commission d'enquête EMIS sur le scandale Volkswagen, mercredi 2 mars.

Quatre vice-présidents ont également été élus, à savoir Ivo Belet (PPE, belge), Karima Delli (Verts/ALE, française), Mark Demesmaeker (CRE, belge) et Katerina Konecna (GUE/NGL, tchèque).

L'élection de l'eurodéputée belge n'a surpris personne, son nom était sur toutes les lèvres depuis le vote du PE sur la composition de la commission en janvier (EUROPE 11472). Pour autant, les négociations pour la désignation de la présidence de la commission d'enquête ont été particulièrement âpres entre les groupes PPE et S&D, à en croire de nombreuses sources. « La répartition des postes a été arrêtée il y a 4 ou 5 jours seulement », a confirmé ainsi Dominique Riquet (ADLE, français) à EUROPE.

Les chrétiens-démocrates voulaient absolument la présidence d'EMIS, a expliqué une autre source, et il a fallu un certain temps pour trouver un accord entre les deux principaux groupes politiques. Du point de vue des sociaux-démocrates, le PPE ne pouvait prétendre à cette fonction de la présidence par la simple invocation du nombre de sièges détenus dans l'hémicycle, d'autant plus que le PPE est déjà à la tête de la commission spéciale 'TAXE II' (EUROPE 11437). Surtout, le PPE avait mené la fronde contre la création de la commission d'enquête en décembre dernier (EUROPE 11456). Une majorité claire s'étant dessinée en faveur de Mme Van Brempt, avec le soutien des groupes ADLE, Verts/ALE, GUE/NGL et du Mouvement 5 étoiles du groupe ELDD, le PPE s'est résigné à accepter les postes de vice-président et de co-rapporteur.

Trois députés sur les cinq qui occupent des postes à responsabilité au sein de la commission d'enquête sont Belges. Pour M. Riquet, une telle situation s'explique par la nécessité d'écarter tout soupçon de connivence avec les pays où l'industrie automobile représente une part majeure de l'économie nationale. Cette particularité représente cependant une excellente nouvelle pour les délégations françaises étant donné que les négociations vont pouvoir être menées également en français, confirme une autre source parlementaire, ce qui pourrait représenter un avantage face aux délégations allemandes.

Le cas de Katerina Konecna peut intriguer. Selon une source parlementaire, elle aurait été élue pour une question de représentativité géographique. Argument que dément formellement son entourage pour qui l'eurodéputée de gauche radicale est une candidate naturelle au poste puisqu'elle siège aux commissions environnement et transport du PE. Mme Konecna pourrait constituer une alliée intéressante pour les verts, celle-ci ayant été prête à céder sa place de vice-présidente à un deuxième membre du groupe des verts, dit-on.

Les noms des deux co-rapporteurs ne sont pas encore connus. Seule certitude, l'un sera issu du groupe de l'ADLE et l'autre du groupe PPE. Cependant, du côté de l'ADLE, le nom du Néerlandais Gerben-Jan Gerbrandy circule. Du côté du PPE, le nom du Letton Krisjanis Karins a été cité à plusieurs reprises. Les noms définitifs seront arrêtés lors de la prochaine réunion des coordinateurs, le 10 mars à Strasbourg.

La prochaine réunion de la commission se tiendra mardi 22 mars. Son mandat, qui a été délimité en décembre dernier (EUROPE 11456), courra pendant 6 mois. Selon Dominique Riquet, les débats seront très mouvementés étant donné le clivage au sein de la commission d'enquête entre les députés prônant la prévalence de l'environnement et ceux désireux de tenir compte des contraintes industrielles. « Le tout, c'est que la commission ne devienne pas un tribunal du peuple », a-t-il mis en garde. Un point qui semble rejoindre celui du PPE, qui craint une véritable « chasse aux sorcières » contre le diesel, le secteur de l'industrie automobile et la Commission européenne. Cette dernière est dans le collimateur des parlementaires depuis les multiples révélations qui montreraient qu'elle était au courant des agissements de Volkswagen pour truquer le niveau d'émission de CO2 de ses véhicules (EUROPE 11430). (Pascal Hansens)

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