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Bulletin Quotidien Europe N° 11498
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ÉDUCATION / (ae) Éducation

Les ministres insistent sur les compétences « transversales »

Bruxelles, 24/02/2016 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Éducation attendent avec impatience la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour des compétences nouvelles en Europe. C'est ce qui ressort du débat qu'ils ont mené, mercredi 24 février, de la résolution sur le rôle des compétences et des qualifications qu'ils ont adoptée dans la foulée.

« Près de 40% des entreprises font état de difficultés pour recruter du personnel ayant les compétences requises, y compris des compétences numériques. Dans le même temps, on estime à environ 25% le taux des jeunes travailleurs hautement qualifiés qui sont surqualifiés pour l'emploi qu'ils occupent ». C'est sur ce constat interpellant de la Présidence néerlandaise du Conseil de l'UE qu'a débuté le Conseil Éducation en présence des commissaires Marianne Thyssen (Emploi) et Tibor Navracsics (Éducation), venus annoncer la publication prochaine de leur stratégie.

« Il faut relever le niveau des compétences de base, en matière de numératie, de littératie et d'informatique. Mais les bonnes qualifications ne doivent pas être définies de manière étriquée ; il ne faut pas une approche par secteur. Les bonnes qualifications sont, par exemple, l'esprit d'entreprise, la créativité, la résilience, le langage et la communication, etc... », a indiqué en ouverture de la session le commissaire Navracsics. Le ministre norvégien de l'Éducation et de la Recherche, M. Torbjorn Roe Isaksen, a quant à lui partagé son expérience avec ses homologues européens, en insistant tout particulièrement sur l'importance d'une « approche pluridisciplinaire », via des contacts avec les représentants des employeurs et des travailleurs, et une approche flexible, qui n'enfermerait pas dans un certain schéma qui pourrait s'avérer inadapté dans quelques années.

Les ministres ont ensuite pris la parole pour exprimer leur point de vue et partager leur expérience, sur base d'un document de travail préparé par la Présidence néerlandaise. Ils étaient invités à s'exprimer sur le besoin de redéfinir les programmes d'études et les méthodes d'enseignement, le besoin d'établir des partenariats avec les entreprises ou encore le recours possible aux instruments (améliorés) de l'UE. L'Allemagne s'est félicitée de l'approche de la Commission, consistant à « transcender l'employabilité, pour viser l'excellence dès le début ». Elle a aussi invité la prochaine Présidence du Conseil à cartographier les compétences formelles et informelles existantes d'ici à 2018. La Finlande, elle, a invité l'Union européenne à rendre le cadre de certification de Bologne plus contraignant. Pour la France, les outils de l'UE - tels que le système Europass ou le système européen de crédit d'apprentissages pour l'enseignement et la formation professionnels - devaient être optimisés. Un grand nombre d'États membres ont, en outre, insisté sur la pertinence des compétences dites transversales.

Les ministres ont clôturé leur débat sur les compétences en adoptant une résolution relative à la promotion dans l'UE du développement socioéconomique et de l'inclusion au moyen de l'éducation. Ce texte, qui constitue la contribution pour 2016 du secteur de l'éducation et de la formation au processus budgétaire du 'Semestre européen' (voir autre nouvelle), appelle entre autres à des réformes ciblées des systèmes éducatifs en vue d'améliorer leurs performances en termes de résultats d'apprentissage. Il plaide également pour des investissements dans l'éducation et la formation, tout en précisant qu'« il ne s'agit pas dans tous les cas d'augmenter les budgets mais plutôt de mieux cibler les dépenses et de prévoir les bonnes incitations susceptibles d'améliorer la qualité ».

Pour rappel, la « stratégie pour des compétences nouvelles en Europe », qui sera présentée en mai par la Commission, devrait traiter du développement des compétences et du déficit de compétences et mettre aussi l'accent sur l'employabilité, la mobilité, la compétitivité et une croissance équitable et équilibrée. Elle examinera en particulier les compétences nécessaires, à tous les niveaux, pour faire face aux défis et utiliser au mieux les dernières innovations, notamment dans le domaine numérique, et pour s'assurer que chacun puisse développer et améliorer ses compétences afin de suivre l'évolution constante du marché du travail et de la société. La stratégie proposera des actions spécifiques de l'UE et appuiera les efforts concertés déployés par les États membres afin de promouvoir la participation active des acteurs concernés dans les secteurs de l'enseignement et de la formation ainsi que sur le marché du travail. (Sophie Petitjean)

 

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