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Bulletin Quotidien Europe N° 11498
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) libye

Martin Kobler appelle à un accord politique au plus vite face à la menace de Daech

Bruxelles, 24/02/2016 (Agence Europe) - L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler, a appelé les parties libyennes, mardi 23 février, à un accord sur un gouvernement d'unité nationale, soulignant que pendant qu'elles tergiversaient, Daech gagnait du terrain.

« Le processus politique doit accélérer pour ne pas donner une chance à Daech et aux trafiquants d'êtres humains de s'étendre davantage », a-t-il expliqué lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Daech ne discute pas des virgules d'un accord, il prend juste des territoires », a-t-il ajouté. La session lors de laquelle le Parlement libyen devait donner ou non son accord pour le gouvernement d'entente nationale, initialement prévue le 23 février, a une nouvelle fois été retardée, d'une semaine, selon des parlementaires libyens. Des membres de la Chambre des Représentants auraient aussi été menacés.

M. Kobler a souhaité que le gouvernement siège dans la capitale, Tripoli, qui est actuellement aux mains des milices. Kadhafi a créé « l'illusion d'un État » en Libye, mais, en réalité, il ne s'agit pas d'une restauration de l'autorité de l'État, mais d'avoir « pour la première fois » une structure d'État, a-t-il expliqué.

Pour M. Kobler, en parallèle du processus politique, les Libyens doivent travailler sur la création d'un conseil des structures traditionnelles, du type Loya Jirga, pour accompagner le gouvernement et le Parlement et ils doivent avancer sur la Constitution. « Il faut mettre la pression sur tout le monde pour finaliser la Constitution et pour la soumettre par référendum », a-t-il incité.

M. Kobler est aussi revenu sur la situation sécuritaire du pays. Si « tout le monde est effrayé par l'expansion de Daech », les autorités libyennes sont « toujours peu enclines à convoquer des réunions afin de créer des forces libyennes unifiées », a expliqué M. Kobler. Car selon lui, le plus urgent n'est pas de proposer la formation de troupes, mais la création d'une véritable armée dans le pays, qui devra être une des premières tâches d'une armée nationale et de forces de sécurité unies. « Il faut une séquence claire des événements », a-t-il ajouté. « Les forces de sécurité libyennes devront combattre Daech seules. Nous pourrions les aider un peu, mais les forces sur le terrain devront être menées par les Libyens eux-mêmes », a expliqué M. Kobler. Il a prévenu que le gouvernement, à sa formation, serait faible et qu'un fort sentiment anti-étrangers était présent chez les hommes politiques libyens: « Étrangers, restez en dehors de notre pays, nous allons le faire ». Interrogé sur les frappes américaines contre Daech le 19 février, M. Kobler a précisé que, quel que soit l'endroit, toute intervention devait être justifiée par la loi internationale et la loi internationale humanitaire. Par ailleurs, d'après l'envoyé spécial, le pays compterait 40 millions d'armes pour 6 millions d'habitants.

La Libye est aussi confrontée à une crise humanitaire et économique. Selon M. Kobler, 2,4 millions de Libyens dépendent d'une assistance humanitaire et 1,3 d'une assistance alimentaire. La production de pétrole a baissé de 1,6 million de barils en 2011 à 350 000 actuellement, sans compter la baisse du prix du pétrole. Les ressources de la banque centrale ont baissé à 50 milliards de dollars. « D'ici 6,7 ou 8 mois, il n'y aura plus d'argent », a prévenu M. Kobler.

Lors de sa visite à Bruxelles, l'envoyé spécial a également rencontré la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. (Camille-Cerise Gessant)

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