Amsterdam, 08/02/2016 (Agence Europe) - Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a mis en avant, samedi 6 février, la nécessité d'une approche commerciale commune des Européens avec l'Iran, en lien avec le caractère extraterritorial des sanctions américaines.
À l'issue de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, où étaient au programme les relations avec l'Iran, M. Reynders a prôné une reprise de l'activité commerciale « si possible de manière coordonnée » au niveau européen. « On essaie d'avoir une position commune pour avoir une démarche correcte dans l'interprétation de la levée des sanctions européennes avec les conséquences possibles aux États-Unis », a expliqué le ministre à quelques journalistes à l'issue de la réunion informelle. Les Européens sont inquiets de possibles mesures que pourrait prendre Washington s'ils effectuaient des opérations avec l'Iran, en raison du caractère extraterritorial des mesures américaines. Malgré l'accord sur le nucléaire, les États-Unis interdisent toujours aux banques et aux compagnies d'assurances américaines de traiter avec l'Iran ainsi que toute transaction libellée en dollars US et transitant par le système financier américain.
Selon M. Reynders, un certain nombre d'acteurs économiques, financiers ou énergétiques seraient prudents pour cette raison quant au fait d'investir en Iran. Il a ajouté qu'il était aussi nécessaire que les assurances crédit baissent le risque lié à l'Iran, risque qui est actuellement au niveau maximum.
Les Européens souhaitent aussi développer des relations avec l'Iran en termes de politique étrangère, alors que Téhéran est un acteur important dans la région du Moyen-Orient, dans le conflit syrien, mais aussi au Yémen. L'UE souhaite par ailleurs une coopération en termes de migration. « L'Iran accueille un grand nombre d'Afghans sur son territoire et a besoin de soutien à cet égard, ce qui est aussi dans l'intérêt européen, afin de stabiliser la situation », a d'ailleurs précisé Mme Mogherini.
Les droits de l'homme sont un autre sujet de discussion. Selon M. Reynders, les autorités iraniennes étaient ouvertes au dialogue sur ce sujet. L'UE a toujours des sanctions en place contre Téhéran pour des violations des droits de l'homme.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères iranien, M. Mohammad Javad Zarif, sera à Bruxelles les 15 et 16 février et y rencontrera, entre autres, Mme Mogherini. (Camille-Cerise Gessant)