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Bulletin Quotidien Europe N° 11467
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

La Grèce et Chypre à l'ordre du jour des ministres

Bruxelles, 13/01/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro feront le point sur les plans de sauvetage grec et chypriote, jeudi 14 janvier. Dans le cadre de l'exercice 2016 du processus budgétaire dit 'Semestre européen', ils se pencheront sur le projet de recommandation pour la zone euro.

L'Eurogroupe espère que trois actions préalables en suspens seront mises en oeuvre avant la fin du plan d'assistance financière pour Chypre, fin mars. Il s'agit de la législation sur la vente de prêt à des tiers, du plan de privatisation de l'opérateur de télécommunication et du dégroupage de la compagnie d'électricité, selon un haut fonctionnaire de l'UE. Un satisfecit des institutions représentant les créanciers ouvrirait la voie à un versement d'environ 300 millions d'euros du Mécanisme européen de stabilité et 125 millions du FMI. Du côté de l'eurozone, on estime qu'il n'y a pas de besoin urgent de recevoir ces versements mais qu'il s'agirait d'un signal important qui autoriserait Nicosie à quitter purement et simplement le programme d'ajustement.

Grèce. L'Eurogroupe abordera également le dossier grec. La première mission de suivi de la mise en oeuvre du programme devrait commencer au début de la semaine prochaine. Selon un diplomate, elle devrait durer au moins trois semaines. Il y aurait toutefois besoin qu'elle soit conclue pour permettre un décaissement d'une nouvelle tranche d'aide pour que la Grèce puisse honorer un remboursement de plusieurs milliards d'euros le 24 février. Cette première évaluation « ne sera pas facile du tout », a expliqué ce diplomate. Les questions les plus difficiles seront la réforme des pensions, les objectifs budgétaires pour 2016 et la stratégie budgétaire à moyen terme, la mise en place du fonds de privatisation et la réforme de l'administration publique, ainsi que certaines réformes structurelles.

La Grèce a envoyé au début de la semaine dernière son projet de réforme des retraites. Son ministre des Finances, Euclid Tsakalotos, a fait le tour de capitales européennes pour promouvoir cette réforme sensible. Il a ainsi rencontré ses homologues français, dimanche, finlandais, lundi, et allemand, mercredi. Mardi, il a rencontré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijssebloem. Ce même haut fonctionnaire de l'UE a estimé que le document sur les retraites fourni par les Grecs semblait « très ambitieux ».

Le Portugal n'est pas inscrit à l'ordre du jour de l'Eurogroupe. Le débat qu'auront les ministres sur le projet de budget 2016 du gouvernement portugais dépendra de la date à laquelle ce projet sera soumis à la Commission européenne.

Semestre européen. Dans le cadre de l'exercice 2016 du processus budgétaire dit 'Semestre européen', les ministres se pencheront sur le projet de recommandation spécifique pour la zone euro qu'avait dévoilé, fin novembre, la Commission et qu'entérinera le Conseil Ecofin, vendredi 15 janvier. Ce projet préconise notamment une orientation budgétaire globalement neutre pour 2016 et une réduction de la dette publique en 2017, la poursuite des réformes des marchés du travail et des services, la réduction progressive des prêts bancaires non performants et l'amélioration des procédures d'insolvabilité pour les entreprises et les ménages (EUROPE 11439). C'est la première fois que ce projet de recommandation a été anticipé afin que les Dix-neuf en tiennent compte en mettant en oeuvre leurs politiques macro-économiques.

Les ministres partageront, par ailleurs, leurs expériences en matière de réforme des régimes nationaux d'insolvabilité dans le secteur financier. Dans ce domaine, il existe des « divergences significatives » entre ces régimes, a estimé le haut fonctionnaire européen. Selon lui, figurent parmi les questions principales à traiter les délais, parfois très longs, des décisions s'attaquant, par exemple, aux stocks de prêts financiers non performants que détiendrait une institution financière ainsi que le caractère prévisible des décisions.

Sur la situation économique, l'Eurogroupe se penchera sur les forces et faiblesses de la zone euro dans le cadre des consultations régulières que mène le FMI. Il n'y a « pas de désaccord significatif » entre la vision qu'ont l'Eurogroupe et le FMI sur la situation économique en zone euro, a estimé cette source, pour qui le FMI perçoit un affermissement des risques à la baisse sur la croissance. (Elodie Lamer et Mathieu Bion)

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