Bruxelles, 04/01/2016 (Agence Europe) - L'UE a appelé au calme au Moyen-Orient, lundi 4 janvier, après la montée des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, menant à la rupture des relations diplomatiques.
« Toute action qui pourrait nourrir la violence dans la région et au-delà doit être évitée », a souligné une porte-parole de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. Elle a précisé que l'UE attendait de toutes les puissances régionales qu'elles agissent de manière responsable dans cette situation déjà très volatile. « Il est clair qu'aucun effort ne devrait être épargné par toutes les parties pour garder la situation sous contrôle et éviter que les tensions sectaires ne dégénèrent », a-t-elle ajouté, précisant que l'UE suivait la situation et que des contacts étaient en cours à tous les niveaux avec nos partenaires.
Dimanche 3 janvier, Mme Mogherini s'est entretenue par téléphone avec les ministres des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, puis saoudien Adel al-Jubeir. « La sécurité et la stabilité de toute la région, qui est déjà confrontée à de grandes menaces, sont en jeu », a souligné la Haute Représentante en s'adressant à M. Zarif. « La communauté internationale et les principaux acteurs régionaux travaillent activement, ensemble, pour appuyer une solution politique à la crise en Syrie et pour unir leurs forces contre les groupes terroristes, et ces efforts ne doivent pas être compromis par une nouvelle instabilité », a-t-elle insisté auprès de M. Zarif.
Les tensions se sont accrues entre les deux pays après les exécutions de 47 personnes en Arabie saoudite, dont le cheikh Nimr al-Nimr. L'UE a dénoncé ces actes, rappelant qu'elle était opposée à la peine de mort en toute circonstance, en particulier aux exécutions de masse. L'Union européenne a particulièrement mis en lumière le cas du cheikh Nimr al-Nimr qui a soulevé « de graves inquiétudes quant à la liberté d'expression et au respect des droits civils et politiques fondamentaux, qui doivent être protégés dans tous les cas, également dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ». En représaille aux exécutions, l'ambassade saoudienne à Téhéran a été attaquée, une attaque déplorée par Mme Mogherini. L'Arabie saoudite a annoncé, dimanche 3 janvier, la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran et exigé le départ sous 48 heures des membres de la représentation diplomatique iranienne. Des décisions similaires ont été prises par le Bahreïn et le Soudan le 4 janvier, alors que les Émirats ont décidé de réduire leurs relations diplomatiques avec l'Iran. Téhéran a ensuite accusé Riyad de chercher à aggraver les tensions et les affrontements dans la région. (Camille-Cerise Gessant)