Bruxelles, 16/12/2015 (Agence Europe) - Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne vont profiter de leur réunion à Bruxelles, jeudi 17 décembre, pour faire le point sur les exigences du Royaume-Uni pour préserver son appartenance à l'UE.
La conclusion définitive de ce dossier est toujours attendue pour le Conseil européen de février 2016, même si certaines voix s'élèvent déjà pour signaler que ce sont plusieurs réunions au plus haut niveau qui seront nécessaires pour trouver un compromis sur les quatre revendications britanniques (EUROPE 11428).
Pour la réunion des dirigeants européens de ce jeudi, le débat devrait se focaliser sur la principale pomme de discorde avec Londres, à savoir l'accès aux prestations sociales des migrants européens (EUROPE 11447). Tel est du moins le souhait du président du Conseil européen, Donald Tusk, et de certains États membres. À la veille de cette discussion, le Premier ministre britannique, David Cameron, a évoqué une autre piste pour cette revendication, sentant l'hostilité de certains États membres et des institutions européennes (EUROPE 11453).
« Il est important pour David Cameron d'entendre la réalité des objections que certaines propositions suscitent », a ainsi déclaré un diplomate. Outre les objections juridiques, il est important que les objections de nature politique soient aussi exprimées, a-t-il ajouté. Face à cette levée de boucliers sur cette revendication précise, M. Cameron pourrait rétorquer qu'il ne voit pas d'autres alternatives en dehors de celles qu'il a présentées pour atteindre le même objectif. « Il y a la possibilité et la probabilité qu'il demande une modification du Traité », selon un diplomate.
Toutefois, l'objectif affiché par plusieurs États membres est de montrer surtout leur « bonne volonté », qu'ils sont à l'écoute des revendications de Londres. Mais, « en même temps, on doit la clarté au Royaume-Uni, il ne faut pas se fourvoyer dans de fausses pistes », a souligné un diplomate, en montrant ainsi le subtil exercice d'équilibre auquel se prépare l'UE.
En ce qui concerne la demande britannique sur l'intégration de la zone euro et les relations avec les États qui n'en sont pas membres, plusieurs pistes seraient évoquées, dont l'idée d'un « mécanisme permettant de freiner », temporiser une décision de l'Eurogroupe qui pourrait porter atteinte aux intérêts du marché intérieur.
Pour ce qui est du changement des Traités, selon un autre diplomate, il serait envisagé de rédiger une déclaration politique dans laquelle le Conseil s'engagerait à faire les changements demandés, mais à l'occasion du prochain élargissement. Le Premier ministre britannique serait d'accord avec une telle approche. (Elodie Lamer avec Camille-Cerise Gessant et Jan Kordys)