Bruxelles, 07/12/2015 (Agence Europe) - L'UE souhaite la reprise des négociations sur un accord de commerce (ALECA) avec le Maroc. Son ambassadeur à Rabat, Rupert Joy, a formulé cette demande via une interview publiée vendredi 4 décembre par le quotidien Le Matin.
« Jusqu'à maintenant - a-t-il dit - nous avons eu quatre rounds de négociation. Le dernier a eu lieu en avril 2014. Le gouvernement marocain « nous a demandé une pause pour pouvoir mener son étude d'impact. Cette étude a pris plus de temps que prévu. Nous espérons pouvoir continuer les négociations en 2016. Mais nous attendons toujours la décision du gouvernement marocain ».
Il s'est efforcé d'apaiser les craintes des milieux économiques et associatifs face à ce projet d'ALECA, un « accord relativement complexe », reconnaît-il. Une « nouvelle génération d'accords » qui n'est pas du « libre- échange » mais qui doit permettre d'« approfondir l'intégration du pays aux marchés européens et de réduire les obstacles non tarifaires, comme les questions relatives à l'étiquetage, les normes sanitaires et phytosanitaires, qui empêchent souvent le business de se développer ». Le libre-échange existe déjà entre le Maroc et l'UE, a rappelé l'ambassadeur. L'ALECA « en cours de négociation », qui est « de la même nature que celui que nous négocions avec les États-Unis et le Japon », devra assurer un ancrage plus fort: « notre seul intérêt est de déboucher sur un accord gagnant-gagnant » qui pourrait « servir de modèle pour les autres pays de la région ».
Il a également annoncé la signature prochaine d'un partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc pour créer une « Académie de l'entrepreneur » ainsi que la mise en place d'un grand programme d'appui pour la croissance et la compétitivité, qui sera élaboré à partir de 2016 au bénéfice des PME.
M. Joy a ajouté, par ailleurs, qu'il est « inévitable que les réalités du voisinage de l'Europe impactent notre partenariat de façon générale ». L'UE « mettra un plus grand accent sur les questions sécuritaires et sur l'émigration dans notre coopération de manière générale. Mais cela ne sera pas fait au prix de notre partenariat global ». (Fathi B'Chir)