Bruxelles, 07/12/2015 (Agence europe) - Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé, samedi 5 décembre, que la France n'envisageait plus le départ de Bachar el-Assad avant une transition politique en Syrie, faisant ainsi un pas en arrière par rapport aux déclarations précédentes du gouvernement français.
« Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar al-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des assurances pour le futur », a expliqué le ministre dans une interview au quotidien régional français Le Progrès de Lyon. Selon M. Fabius, la lutte contre l'organisation État islamique est « décisive », mais elle ne sera totalement efficace que si l'ensemble des forces syriennes et régionales s'unissent. Il s'est cependant demandé si cela était possible tant que M. el-Assad présiderait son pays, « lui qui a commis tant d'atrocités et qui a contre lui une grande partie de sa population ».
La France a souvent adopté la position la plus dure en ce qui concerne le départ de Bachar el-Assad. Lors du Conseil Affaires étrangères du 12 octobre, si plusieurs de ses homologues, tel le Britannique Philip Hammond, jugeaient qu'il fallait « être flexibles sur le moment du départ » de M. el Assad, pour le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Harlem Désir, la transition politique « devait se faire sans Bachar el-Assad » (EUROPE 11408). L'avenir du président syrien est aussi un sujet de désaccord au sein des pays participant aux réunions politiques de Vienne pour avancer vers une solution politique en Syrie.
Le 3 décembre, M. Fabius avait aussi expliqué que la lutte contre l'EI pourrait passer par une coopération avec l'armée syrienne, à condition que M. Assad n'en soit plus le chef. « Il n'est pas possible de travailler avec l'armée syrienne tant que M. Bachar el-Assad est à sa tête. Mais à partir du moment où il y aura eu une transition politique et où M. Assad ne sera pas le chef des armées, on peut très bien s'associer à ce que sera l'armée syrienne. Mais dans une transition politique opérée », a-t-il annoncé en marge de la COP 21.
Dans son interview au Progrès, le chef de la diplomatie française a aussi salué la participation du Royaume-Uni et de l'Allemagne à la coalition contre Daech (EUROPE 11445). « L'appel à la solidarité européenne que nous avons lancé commence à porter ses fruits. Mais il faut poursuivre et amplifier l'effort », a-t-il expliqué. La Chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, a approuvé, vendredi 4 décembre, l'engagement du pays dans la coalition par 445 voix pour, 146 contre et 7 abstentions. (Camille-Cerise Gessant)