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Bulletin Quotidien Europe N° 11432
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Déçues par le G20, les ONG l'accusent de « promesses en l'air »

Bruxelles, 17/11/2015 (Agence Europe) - C'est peu dire que la déclaration finale du sommet du G20 d'Antalya a déçu les ONG engagées dans la lutte contre le changement climatique (EUROPE 11431).

Et pour cause: cette déclaration ne contient pas de nouvel engagement en matière de financement climatique ; on n'y trouve trace d'aucun engagement concernant l'élimination des subventions aux combustibles fossiles et le texte ne dit pas un mot de l'objectif de décarbonisation de l'économie à long terme.

Pour toutes ces raisons, le G20 a « manqué de leadership », estime le réseau CAN Europe (Climate Action Network Europe). Cela, alors même que les économies du G20 contribuent à 70% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et que la réunion d'Antalya était l'une des dernières opportunités offertes, avant la COP 21 (30 novembre-11 décembre), de renforcer l'élan pour un résultat ambitieux à Paris.

« Les dirigeants du G20 n'ont pas saisi la chance qu'ils avaient de montrer à la communauté internationale qu'ils peuvent s'unir pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés », a déclaré Wendl Trio, directeur du réseau. Certes, les gouvernements des économies les plus puissantes de la planète avaient à apporter une réponse aux attentats terroristes du 13 novembre à Paris, mais ils avaient aussi à adresser un signal politique crucial pour la COP 21 qui débutera dans deux semaines, souligne l'ONG.

La promesse des pays industrialisés de mobiliser 100 milliards de dollars US par an à l'horizon 2020 pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement remonte à 2009. Et c'est en 2009 aussi que les pays du G20 ont promis d'éliminer les subventions « inefficaces » aux combustibles fossiles. Or, ceux-ci continuent de dépenser 452 milliards de dollars US par an pour les combustibles fossiles, ce qui n'encourage pas la transition vers les renouvelables, souligne l'ONG en accusant le G20 de « promesses en l'air ». Quant à l'objectif à long terme, CAN Europe rappelle que, pour prévenir une hausse moyenne des températures supérieure à 2 degrés Celsius, il faut éliminer les émissions mondiales de combustibles fossiles et passer progressivement à 100% de renouvelables à l'horizon 2050. Plaidant pour que cet objectif à long terme soit inclus dans l'accord à conclure à Paris pour donner aux entreprises la prévisibilité requise pour leurs investissements, l'ONG déplore que le G20 ait escamoté le sujet, alors que le G7 d'Elmau (Allemagne, en juin dernier) s'était, lui, mis d'accord sur un objectif de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 40% à 60% à l'horizon 2050 (EUROPE 11330). (Aminata Niang)

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