Bruxelles, 17/11/2015 (Agence Europe) - La Facilité d'investissement ACP remplit ses objectifs et apporte une valeur ajoutée à la coopération au développement entre l'UE et 78 pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique), affirme la Cour des comptes dans un rapport publié mardi 17 novembre.
Créée en 2003, la Facilité d'investissement est financée par le Fonds européen de développement et gérée par la Banque européenne d'investissement (BEI). Elle met à la disposition du secteur privé des pays ACP ou de leurs entreprises publiques à caractère commercial différents instruments de financement à risques partagés. Les financements, à moyen ou long terme, sont proposés à des conditions de marché afin de ne pas évincer les institutions de financement locales. Pour être éligibles, les projets doivent garantir le respect de normes sociales et environnementales élevées pour promouvoir le développement durable.
Le rapport spécial de la Cour des comptes (n° 14/2015) examine les accords d'investissement signés entre 2011 et 2014 dans huit pays du groupe ACP (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Nigeria, Cameroun, Malawi, Maurice et Haïti) au titre de cette Facilité. Il montre qu'à la fin 2014 les lignes de crédit représentaient 28% du portefeuille de la Facilité d'investissement, contre 14% à la fin 2010. Pour les auditeurs, cette augmentation reflète l'importance que revêt le financement à long terme offert par la Facilité. Cet instrument, qui a approuvé des projets de développement d'une valeur totale de 5,7 milliards d'euros durant la dernière décennie, a en outre eu un effet catalyseur positif puisque la Facilité a attiré des fonds supplémentaires.
La Facilité d'investissement ACP soutient des projets d'infrastructures dans les domaines de l'approvisionnement en électricité et de la production d'électricité, des télécommunications, de l'eau et de l'assainissement, des transports, de la santé et de l'éducation. Elle participe à hauteur de 150 millions d'euros au financement du projet de parc éolien du lac Turkana au Kenya d'une valeur de 600 millions d'euros, et a investi 5 millions d'euros dans un fonds de microfinancement ciblant les institutions de microfinance et les petits producteurs engagés dans le commerce équitable en Afrique. Sans le soutien de la Facilité, ce projet ne se serait probablement pas concrétisé, souligne la Cour des comptes.
Pour remédier à deux faiblesses qu'ils ont relevées, les auditeurs recommandent toutefois de veiller au respect systématique de l'obligation contractuelle d'informer les bénéficiaires finals du financement de la BEI ou de la Facilité d'investissement et de garantir que l'assistance technique cible bien les petites et moyennes entreprises, ce qui n'est pas toujours le cas. (Aminata Niang)