Bruxelles, 17/11/2015 (Agence Europe) - La Fédération de Russie est, depuis plusieurs semaines, davantage engagée dans la résolution du conflit en Ukraine, ce qui peut s'expliquer par son intervention militaire en Syrie, a estimé le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, lundi 16 novembre à Bruxelles.
« La Russie a fait très longtemps en sorte qu'il n'y ait aucune avancée (dans cette crise, Ndlr), mais les dernières réunions ont été plus constructives, ce qui est très certainement lié au fait que les priorités du côté russe ont changé », a-t-il dit devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Selon lui, le Kremlin pourrait ainsi accorder plus d'importance à ses opérations en Syrie qu'au conflit ukrainien.
Toutefois, la crise en Ukraine n'est pas encore entièrement résolue, a-t-il souligné, en pointant du doigt le retard pris dans la mise en oeuvre des accords de Minsk et les violations continues du cessez-le-feu. Il a insisté sur le besoin de retirer de la ligne de front les armes lourdes et d'entamer des opérations de déminage (EUROPE 11427). Il a également regretté que les échanges de prisonniers soient trop lents et que toutes les personnes en besoin n'aient pas l'accès à l'aide humanitaire.
M. Steinmeier a précisé que les discussions n'avaient pas encore commencé au sujet des sanctions économiques de l'UE à l'encontre de la Russie, qui sont en vigueur jusqu'au 31 janvier 2016. « Elles sont tributaires de la mise en oeuvre du processus de Minsk », a-t-il rappelé, ajoutant que les deux prochaines étapes étaient l'organisation d'élections dans l'est de l'Ukraine et le transfert du contrôle de la frontière aux autorités ukrainiennes. « Nous allons commencer à discuter sur comment concevoir la décision de décembre (sur les sanctions) de manière à ce qu'à l'avenir des sanctions soient conditionnées aux progrès ». « En février, au plus tard, on verra si les élections ont lieu », si « la loi sur le statut spécial » des régions séparatistes a été adoptée et, alors, « il ne restera plus que les questions de protection de la frontière à l'est », a-t-il dit. « Ayons cette discussion entre États membres de manière à ce que le processus des accords de Minsk avance, c'est là-dessus qu'il faut se concentrer et pas sur les sanctions », a-t-il insisté. (Camille-Cerise Gessant)