Bruxelles, 23/10/2015 (Agence Europe) - La Slovénie a demandé, jeudi 22 octobre, de l'aide à la Commission européenne à l'occasion d'une visite sur place des commissaires européens aux Affaires intérieures et aux Migrations, Dimitris Avramoupoulos, et aux Transports, Violeta Bulc, alors que les dirigeants de plusieurs pays doivent se retrouver dimanche 25 octobre pour un mini-sommet consacré à la crise migratoire dans les Balkans et qui aura pour objectif de définir des mesures directement opérationnelles.
Alors que le pays a reçu plus de 10 000 migrants en une journée, la Slovénie a décidé, le 22 octobre, d'activer le mécanisme de protection civile de l'UE et la République tchèque a été le premier pays à fournir du matériel (des tentes, des couvertures...), a expliqué, vendredi 23 octobre, la Commission européenne.
Celle-ci a également précisé qu'elle se tenait à la disposition des autorités slovènes pour débloquer une nouvelle aide d'urgence en réponse à une demande formelle de Ljubljana que la Commission s'attend à recevoir bientôt, a expliqué Natasha Bertaud, porte-parole du commissaire Avramopoulos.
La Commission a précisé que la Slovénie allait recevoir 56 millions d'euros du Fonds asile et migration AMIF sur la période 2014-2020 et qu'une aide d'urgence de 4 millions d'euros avait déjà été débloquée. La visite des deux commissaires en Slovénie visait à étudier les choses qui peuvent être faites d'ici au mini-sommet du 25 octobre, a expliqué la Commission.
Dimanche, les dirigeants allemand, autrichien, hongrois, slovène, bulgare, grec, croate, roumain, serbe et de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine se réuniront à Bruxelles dans les locaux de la Commission européenne pour une réunion convoquée de manière inédite par Jean-Claude Juncker. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président du Conseil de l'UE, Jean Asselborn, ainsi que le président du Parlement européen, Martin Schulz, et les responsables de Frontex et de l'EASO ainsi que le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, ont également répondu présent.
L'objectif de cette réunion est de prendre des mesures immédiates pour remédier à la pression vécue par certains pays comme la Slovénie qui voit arriver des milliers de migrants depuis que la Hongrie a fermé ses points de frontière avec la Croatie notamment. Sur l'île grecque de Lesbos, les flux de migrants ne tariraient pas non plus, selon l'AFP, avec entre 8 000 et 10 000 arrivées par jour.
La Grèce connaît toujours des difficultés dans la mise en oeuvre des fameux dispositifs « hotspots » et aucun réfugié n'a encore pu être relocalisé à ce jour depuis la Grèce vers un autre État membre. Seule l'Italie a pu faire partir des réfugiés, notamment vers la Suède ou la Finlande (86 réfugiés ont été relocalisés depuis l'Italie à ce jour, selon des chiffres de la Commission). Mais les États membres dans leur ensemble traînent aussi à formuler leurs engagements, 9 pays s'étant engagés à ce jour à accueillir 853 réfugiés depuis l'Italie et la Grèce, a dit la Commission. La réunion extraordinaire des ministres de la Justice et de l'Intérieur du 9 novembre servira aussi à comprendre les lenteurs dans l'application des décisions adoptées. (Solenn Paulic)