Bruxelles, 15/10/2015 (Agence Europe) - Des ONG actives dans le domaine de la santé, mais aussi des multinationales du secteur agroalimentaire se sont jointes, jeudi 15 octobre, au Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) pour presser la Commission européenne de légiférer pour limiter dans l'UE l'utilisation des acides gras trans industriels (TFA) dans l'alimentation.
Pâtisseries, frites et margarines sont parmi les denrées alimentaires les plus riches en acides gras trans artificiels, ces acides gras insaturés dont il est scientifiquement prouvé qu'ils bouchent les artères.
Nestlé, Mars, Kellogg's et Mondelez International ont cosigné la lettre ouverte que le BEUC a adressée jeudi 15 octobre à la Commission pour demander l'établissement, dans la législation de l'UE, d'une teneur maximale autorisée de 2 grammes de TFA par 100 grammes de graisse. Et c'est une première.
Le BEUC, qui, depuis 2006, ne cesse d'appeler l'UE à légiférer pour imposer une valeur limite juridiquement contraignante, s'en félicite et invite les autres entreprises agroalimentaires à faire de même. « Il est grand temps que la Commission entende notre appel et établisse une valeur limite légale pour aider les consommateurs à stopper leur consommation d'acide gras trans », estime Monique Goyens, directrice générale du BEUC.
Les acides gras trans industriels ont la propriété d'allonger la durée de vie des produits alimentaires qui les contiennent. Ils permettent de réchauffer plusieurs fois la même huile ou d'aider à la solidification de la graisse. Parce qu'ils sont bon marché ils sont prisés par les industriels, alors qu'ils n'ont aucune valeur nutritive et accroissent les risques de maladies cardiaques et des attaques cérébrales en augmentant « le mauvais » cholestérol et en faisant baisser « le bon », comme le reconnaissait l'EFSA en 2010, souligne le BEUC.
Pourtant, lors de la réforme de l'étiquetage des denrées alimentaires dans l'UE qui a conduit en 2011 à l'adoption du règlement concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (règlement 1169/2011), le Conseil de l'UE avait refusé que les graisses trans fassent l'objet d'une mention obligatoire dans la déclaration nutritionnelle obligatoire (ce que demandait le Parlement européen). Actuellement, c'est le principe d'autorégulation du secteur agroalimentaire pour réduire la teneur en acides gras dans ses produits qui prévaut. Ce principe remonte aux années 1990 quand la preuve scientifique a été faite des dangers de ces graisses insaturées pour la santé. Ainsi, les entreprises et associations membres de la Fédération européenne des fabricants de margarine et de graisses végétales (IMACE) se sont dotées en 1995 d'un code de bonnes pratiques en vertu duquel elles s'engagent, sur une base volontaire, à encourager activement leurs clients à utiliser des margarines dont la teneur en acides gras trans est inférieure à 2%. (Aminata Niang)