Bruxelles, 16/10/2015 (Agence Europe) - Réunis à Bruxelles, jeudi 15 octobre, pour un 4ème sommet européen consacré à la crise migratoire depuis le printemps, les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE se sont concentrés sur la protection des frontières extérieures de l'UE et sur la coopération avec la Turquie.
Le Conseil européen a ainsi décidé de renforcer les missions de l'agence Frontex, qui pourra opérer à son initiative des missions de retour des migrants irréguliers vers leurs pays d'origine. Il a également approuvé les préparatifs du plan d'action engagés par la Commission européenne avec la Turquie pour réguler les flux de migrants, et a accepté que le processus de libéralisation des visas pour les ressortissants turcs soit accéléré sous condition de critères à respecter, notamment la mise en œuvre de l'accord de réadmission signé en 2013. Une analyse du processus de libéralisation des visas devrait être faite au printemps 2016, a aussi indiqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à l'issue du sommet.
Les dirigeants européens n'ont toutefois pas arrêté de dispositions précises sur ce plan d'action, notamment quant au volet financier. Si la Turquie a demandé à l'UE une contribution de 3 milliards d'euros, ce montant n'a pas encore fait l'objet d'un accord entre les États membres. La réponse à la demande de la Turquie sera finalisée ultérieurement, l'Allemagne ayant par exemple montré sa disponibilité à débloquer cette aide financière. « La Turquie a dépensé sept milliards d'euros ces trois, quatre dernières années. Elle a reçu moins d'un milliard. Il faut une répartition du fardeau. On a parlé des contributions des États membres », a ainsi expliqué la chancelière allemande, Angela Merkel.
Ce plan d'action, préparé notamment par le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, qui était en déplacement à Ankara mercredi 14 et jeudi 15 octobre, vise notamment à s'assurer que les réfugiés vont bien rester en Turquie et que les tentatives de traversée de la Méditerranée seront empêchées. La Turquie, de son côté, a demandé l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion à l'UE, les États membres ayant aussi accepté, en principe, de traiter cette demande.
La question de l'inscription de la Turquie sur la liste européenne des pays sûrs n'a pas été discutée en tant que telle lors de ce sommet, a précisé la Chancelière allemande, Angela Merkel. « Le sujet de la Turquie en tant que pays d'origine sûre n'a pas été évoqué aujourd'hui. Ce n'est pas le plus important. Il faut un examen individuel des cas particuliers, comme les Kurdes par exemple », a-t-elle dit, alors que son gouvernement serait néanmoins en train de se positionner en faveur de cette inscription de la Turquie sur cette liste. La Chancelière se rendra d'ailleurs ce dimanche en Turquie.
Pour le reste, les chefs d'État ou de gouvernement ont donné leur soutien à une gestion intégrée des frontières extérieures de l'UE et à une réflexion sur la création d'un système européen de garde-frontières dans le respect des compétences nationales.
L'Allemagne aurait aussi souhaité avoir, dans les conclusions, une référence au sujet du mécanisme permanent de répartition des demandeurs d'asile, qui suscite la controverse. Toutefois, les conclusions finales du Conseil européen se contentent finalement de rappeler l'ensemble des décisions de relocalisation prises ces derniers mois, sans mentionner un tel mécanisme. (Solenn Paulic avec CG, JK, AN, PH, LC, EL)