Bruxelles, 10/09/2015 (Agence Europe) - Les propositions de la Commission européenne visant à relocaliser 120 000 réfugiés supplémentaires depuis la Grèce, l'Italie et la Hongrie ont reçu, mercredi 9 septembre, un premier accueil positif des États membres et notamment des pays qui s'étaient rangés dans le camp des farouches opposants aux systèmes de quotas obligatoires.
Le gouvernement espagnol a fait savoir qu'il acceptait d'accueillir 14 900 réfugiés ayant droit à une protection internationale, soit la proportion qu'a suggérée la Commission (EUROPE 11385). Le gouvernement polonais aurait aussi montré des signes d'ouverture, le Premier ministre, Mme Ewa Kopacz, ayant affirmé, le même jour, que son gouvernement était prêt à considérer une augmentation de sa participation dans le mécanisme d'urgence après avoir accepté d'accueillir « 2 000 » réfugiés dans le cadre du mécanisme proposé en mai et qui porte lui sur 40 000 personnes (EUROPE 11363).
L'Irlande, qui a le droit de participer aux mécanismes de relocalisation, a aussi indiqué, jeudi 10 septembre, qu'elle accueillerait 2 900 nouvelles personnes dans le cadre du nouveau mécanisme, en plus des 600 qu'elle avait déjà acceptées d'accueillir.
Mercredi, une source de la Commission avait jugé faisable que les nouvelles propositions de l'institution européenne recueillent un soutien suffisant, lundi 14 septembre lors du Conseil JAI extraordinaire. Tous les contacts récents entre le président Juncker et une série de Premiers ministres se seraient en effet montrés encourageants. La France, qui avait beaucoup tergiversé mais qui soutient désormais les propositions sur la table, et l'Espagne pourraient peser de tout leur poids dans la constitution de cette majorité qualifiée si un vote devait intervenir au Conseil. Selon EuObserver, le Premier ministre slovaque lui-même, Robert Fico, aurait estimé que les textes de la Commission européenne présentaient des éléments positifs même si le pays reste opposé à un système de quotas.
Lundi 14 septembre, les ministres de l'Intérieur de l'UE donneront un premier aperçu du sort qu'ils réserveront à ces nouvelles propositions. Pour rappel, celles-ci portent, entre autres, sur un mécanisme de répartition permanent et obligatoire, une liste de pays d'origine sûrs, des manuels pour appliquer la directive sur les retours ou encore sur un Fonds pour l'Afrique. La décision de tenir un sommet européen extraordinaire sur l'immigration dépendra de l'issue des résultats de ces discussions. Pour l'heure, une réunion formelle des ministres de l'Intérieur est déjà prévue le 8 octobre avant un Conseil européen, les 15 et 16 octobre.
Lundi, les ministres devraient en tout cas valider la décision du Conseil sur la relocalisation de 40 000 personnes, décision à laquelle est associée une résolution (non contraignante) organisant la répartition en chiffres pays par pays. Le cas échéant, la décision rentrerait en vigueur mi-septembre et permettra de commencer la relocalisation des personnes arrivées en Grèce et en Italie depuis le 15 août, a expliqué le ministre luxembourgeois, Etienne Schmitt, mercredi à Strasbourg. Le Conseil a en effet prévu de faire démarrer cette relocalisation un mois avant la publication au Journal officiel de la décision qui interviendra le 15 septembre. Le 27 mai, la Commission avait proposé aux ministres de faire démarrer cette relocalisation pour les personnes arrivées depuis avril. (Solenn Paulic)