Luxembourg, 23/07/2015 (Agence Europe) - Les ministres de l'Environnement des Vingt-huit attendent de leurs collègues de l'Économie et des Finances un signal politique fort sur le financement de la lutte contre le changement climatique post-2020 pour créer de la confiance et contribuer au succès de la conférence climatique de Paris (COP 21, 30 novembre-11 décembre).
C'est le message qui s'est dégagé de la réunion informelle du Conseil Environnement des mercredi 22 et jeudi 23 juillet à Luxembourg. Une session de travail était en effet dédiée à cette question clé sur la route vers Paris.
Les ministres ont toutefois souligné que la discussion ne s'arrêtera pas à Paris. En effet, mobiliser 100 milliards de dollars par an de fonds publics et privés à l'horizon 2020 dans le Fonds vert pour le Climat, comme s'y sont engagés les pays industrialisés à Copenhague en 2009 pour soutenir les efforts des pays en développement, nécessitera une discussion continue. Les ministres ont souligné que ce Fonds, alimenté à 50% environ par l'UE, n'est qu'un instrument parmi d'autres pour alimenter le financement climatique, mais qu'il doit fonctionner avant Paris.
«La manière de financer la transition vers des économies à faible émission de gaz à effet de serre et résilientes aux changements climatiques est essentielle pour l'Accord de Paris. Avec 9,5 milliards d'euros versés en 2013 - la moitié pour la prévention du changement climatique et la moitié pour l'aide à l'adaptation des pays en développement -, l'UE est le principal contributeur mondial au Fonds vert pour le climat. Nous avons discuté de la nécessité d'une méthodologie crédible pour démontrer que le financement climatique est assuré. Ce type de transparence créera de la confiance dans le fait que l'UE respectera ses engagements », a déclaré Carole Dieschbourg, présidente en exercice du Conseil environnement. En contrepartie, les pays en développement devront adopter de bonnes politiques pour faciliter ces flux d'investissement, a-t-elle précisé.
Les ministres ont débattu des instruments et des approches pour colleter des fonds publics et privés aux niveaux européen et international. Cet échange de vues a permis d'évoquer ce que les pays peuvent inclure dans la 'boîte à outils' que la Présidence luxembourgeoise souhaite créer pour inventorier, structurer et sélectionner les instruments requis pour mobiliser le financement climatique. Chacun a donné des exemples de financement dans son propre pays et un consensus s'est dégagé sur la nécessité d'échanger davantage sur les instruments existants, comme les recettes de l'ETS, les obligations vertes ou les conditions de crédit favorable. La réduction des subventions aux combustibles fossiles et la tarification du carbone ont été souvent citées par les délégations comme des moyens de créer un environnement favorable à l'investissement dans les technologies propres.
Des délégations ont souligné qu'il était plus difficile de trouver des investissements privés pour l'adaptation au changement climatique que pour l'atténuation (c'est-à-dire la réduction des émissions de gaz à effet de serre), cette dernière offrant davantage de perspectives de bénéfices pour les investisseurs.
Héla Cheikhrouhou , directrice du Fonds vert pour le climat, a annoncé que les premiers programmes et projets seront en principe approuvés en novembre. Jonathan Taylor, vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), a indiqué, pour sa part, que la BEI travaille déjà dans le secteur de l'énergie et pourra mettre à profit son expertise pour jouer un rôle de catalyseur pour le financement climatique.
Le message adressé à l'ECOFIN est: « Il n'y a pas assez de financement. Chacun sait que pour pouvoir compter sur un succès (à Paris: NdlR) nous devons intensifier les efforts de financement », a déclaré le ministre estonien, Marko Pomerants, à EUROPE. Le financement des actions pour le climat sera à l'ordre du jour du Conseil ECOFIN lors de sa réunion informelle de septembre et des conclusions devraient être adoptées en novembre, lors de la réunion formelle des ministres de l'Économie et des Finances des Vingt-Huit. (Aminata Niang)