Bruxelles, 23/07/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, accompagnée d'Alain Leroy, secrétaire général du Service européen d'action extérieure (SEAE), a effectué, mardi 21 juillet, une visite au Maroc. C'était sa première visite dans ce pays depuis sa prise de fonction et cela a donné l'occasion d'un rappel exhaustif de la qualité et des ambitions affichées par les deux parties pour cette relation qualifiée de stratégique.
Au cours de sa visite, Mme Mogherini a rencontré le Premier ministre, Abdelilah Benkirane, plusieurs membres du gouvernement et des représentants de la société civile avec lesquels plusieurs sujets ont été abordés, dont la coopération bilatérale et régionale en Méditerranée, les flux migratoires et les questions de sécurité, notamment en Libye.
Lors d'une conférence de presse, Mme Mogherini et le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, ont porté des appréciations similaires: « j'ai l'impression que nos discours ont été écrits par la même personne », a-t-elle confié, en reprenant ensuite plus sérieusement le détail des points de convergence dans la relation bilatérale à laquelle elle accorde une « importance stratégique ». C'est un « partenariat solide, une relation de confiance » qui se caractérise par un partage des vues similaires quant aux enjeux en Méditerranée, qui est, « en ce moment, la région la plus difficile au monde » et où le Maroc joue un rôle « fondamental », a-t-elle dit. En cela, Mme Mogherini a tenu à remercier ses hôtes pour leur contribution à la recherche d'un dénouement du conflit libyen.
La Haute Représentante a par ailleurs annoncé la signature prochaine d'un accord sur « la gestion des crises civiles » qui permettra d'associer le Maroc de manière ponctuelle aux efforts de l'UE pour résoudre des crises. Elle a aussi affirmé l'appui de l'UE à l'organisation de la réunion sur le changement climatique COP22, qui aura lieu en 2016 à Marrakech et qui succédera ainsi à celle de décembre prochain à Paris. La Haute Représentante a finalement rappelé l'importance de la participation marocaine à la prochaine conférence internationale sur les flux migratoires, en novembre à Malte, impliquant les organisations internationales, dont l'ONU, et des pays africains pour traiter non seulement du problème actuel des flux migratoires croissants à travers la Méditerranée, mais aussi de ses « causes profondes ».
Le ministre Mezouar a, pour sa part, rappelé la position marocaine sur certains dossiers dans le cadre des relations avec l'UE. Il a ainsi déclaré que sera signé prochainement l'accord sur les indications géographiques agricoles, déjà paraphé, et que les discussions sur le commerce vont se poursuivre (ALECA, libre-échange approfondi), tout comme celles liées à la gestion des flux migratoires. Il a aussi exprimé le souhait que la politique de voisinage révisée « soit porteuse d'une vision politique ambitieuse et d'un horizon stratégique offrant des perspectives claires pour un nouveau cadre contractuel » pour les pays qui veulent « le rapprochement et l'intégration les plus poussés avec l'UE ». M. Mezouar a demandé que son pays abrite à l'automne prochain une réunion sur les résultats des consultations en cours sur cette politique.
Il a aussi souligné le devoir d'approfondir la dimension régionale. « Le Maroc considère (qu'il est) essentiel d'appuyer l'UpM (Union pour la Méditerranée) qui a les atouts nécessaires pour une intégration en Méditerranée », a-t-il affirmé, avant d'insister sur l'importance du cadre maghrébin et du '5+5' (Méditerranée occidentale nord et sud) et du rôle commun à jouer au Sahel et en Libye, outre « les défis du développement en Afrique ». En conclusion, le ministre a souligné le devoir d'approfondir et de mieux cadrer la relation entre les deux rives: « Nous sommes dans une région perturbée, mais l'avenir se construit dans les moments difficiles ». Le Maroc « fait confiance à l'UE et l'UE fait confiance au Maroc », a dit le ministre, insistant sur le fait que l'avantage de son pays est de ne pas être un « élément perturbateur » dans la région.
Interrogée sur le Sahara occidental, Mme Mogherini a réaffirmé la position de l'UE, qui est alignée sur celle de l'ONU, et qui consiste à soutenir les efforts pour une « autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Elle a aussi exprimé sa « préoccupation quant à la durée de ce conflit ». (Fathi B'Chir)