Bruxelles, 23/07/2015 (Agence Europe) - Les institutions (Commission européenne, BCE, FMI) devraient faire leur grand retour à Athènes, vendredi 24 juillet, accompagnés cette fois du représentant du Mécanisme européen de stabilité (MES), avec l'objectif d'entamer les négociations sur un 3ème plan d'aide. Ce retour a été rendu possible après l'adoption par le parlement grec, jeudi, du second volet de réformes demandées en préalable.
Une porte-parole de la Commission européenne a indiqué que le parlement grec avait « fait un autre pas important » dans la mise en oeuvre des engagements contenus dans la déclaration du Sommet de la zone euro du 13 juillet dernier en adoptant le second paquet de réformes. 230 députés ont ainsi voté en faveur d'une modification du Code de procédure civile et du texte législatif transposant la directive européenne sur le redressement et la résolution des crises bancaires (appelée directive « BRRD »). 63 députés (dont 31 issus du parti Syriza) ont rejeté ces mesures et 5 députés Syriza se sont abstenus. L'ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a voté cette fois en faveur de cette seconde salve de mesures, alors qu'il s'était opposé au premier paquet, le 15 juillet dernier.
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a encore rappelé que le compromis choisi par son gouvernement consistait à mettre en oeuvre un programme auquel il ne croyait pas, mais qu'il l'appliquerait tout de même. Le vote a eu lieu vers 4h du matin, jeudi, après plusieurs heures de débat.
Les institutions ont procédé à une analyse rapide et constaté que les autorités grecques avaient « juridiquement mis en oeuvre le second volet des mesures conclues au Sommet de la zone euro dans un délai convenable et de manière globalement satisfaisante », selon une porte-parole de la Commission. « Les négociations sur un protocole d'accord devraient maintenant progresser aussi vite que possible », a-t-elle ajouté. Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a laissé entendre, mercredi, que les négociations pourraient aboutir à un accord dans la seconde moitié du mois d'août.
L'Eurogroupe serait ainsi disposé à se réunir à la mi-août afin d'avaliser le résultat des négociations, en prenant en compte qu'il est nécessaire de disposer d'une marge de temps pour les procédures nationales et qu'un décaissement d'une première tranche de prêt doit intervenir avant le 20 août, date à laquelle est fixée l'échéance pour le remboursement d'environ 3,2 milliards d'euros à la BCE.
Toutefois, l'idée est déjà évoquée de recourir une nouvelle fois au Mécanisme européen de stabilité financière (MESF), un mécanisme qui est géré par la Commission au nom des Vingt-huit, pour le financement relais, et ce afin d'éviter le défaut de paiement en août.
Une déclaration conjointe du Conseil de l'UE et de la Commission du 17 juillet dernier indiquent cependant que le MESF ne pourra pas être utilisé avant que ne soient entérinées les modifications au règlement l'instaurant, lesquelles ont été proposées mercredi 22 juillet par la Commission (EUROPE 11364). Ces modifications visent à protéger les pays hors zone euro lorsque le MESF est employé en faveur d'un État de la zone euro. Le Conseil devrait modifier le règlement du MESF par procédure écrite, probablement avant la mi-août, ouvrant ainsi la voie à une seconde intervention du MESF pour répondre aux besoins de la Grèce en financement relais. (Elodie Lamer)