Bruxelles, 13/07/2015 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, a annoncé, lundi 13 juillet, aux ministres de l'Agriculture de l'UE qu'il préparait de nouvelles mesures exceptionnelles pour venir en aide au secteur des fruits et légumes affecté par l'embargo russe (qui a été prolongé jusque 2016) sur les produits agroalimentaires européens « afin de limiter le risque de perturbation du marché ».
« Pour certains secteurs et pour des régions et des États membres spécifiques, la situation a été et est encore difficile », a admis le commissaire européen.
S'agissant des fruits et légumes, M. Hogan a reconnu les problèmes surtout dans le secteur des pêches et nectarines (les prix baissent en Italie, en Espagne et en Grèce). Les prix des tomates sont à la baisse. Entre septembre 2014 et juin 2015, un programme doté de 150 millions d'euros a été mis en place pour retirer du marché 760 000 tonnes de fruits et légumes.
Lait: prolongation du stockage privé et de l'intervention publique
De plus, Phil Hogan a indiqué au Conseil que la Commission allait prolonger au-delà de leur date d'expiration du 30 septembre 2015 l'intervention publique et l'aide au stockage privé pour le secteur du lait et de certains produits laitiers.
Plusieurs États membres demandent une hausse du prix d'intervention
La Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie ont demandé des mesures en faveur du secteur des produits laitiers: hausse du prix d'intervention, mise en oeuvre temporaire de restitutions à l'exportation, éventuelles nouvelles mesures ciblées. La France a soutenu une hausse des prix d'intervention sur le lait au motif qu'il y a un risque de nouvelle spirale de crises. La Belgique a aussi soutenu une hausse des prix d'intervention. L'Allemagne est d'accord avec le projet d'étendre la période d'intervention.
Sucre. L'Italie a évoqué l'avenir du secteur du sucre dont la situation économique est actuellement difficile. L'Italie souhaiterait notamment que soit assurée une transition en douceur lorsque le régime des quotas (de sucre) prendra fin en 2017. L'Italie a demandé notamment d'assouplir les règles sur la taxe des producteurs ('cotisation sucre'). L'Italie a été soutenue par l'Autriche. L'Allemagne s'est dite inquiète des primes couplées versées aux betteraviers (distorsions de concurrence) et, sur le sucre hors quota, ce pays s'est demandé s'il était possible de prévoir des mesures pour désengorger le marché.
La Commission s'est opposée à l'introduction de mesures extraordinaires ou de nouveaux régimes de restructuration.
Viande porcine. L'Autriche a évoqué la situation du marché de la viande porcine. L'Autriche a estimé que les aides au stockage privé (qui ont duré huit semaines et ont porté sur 60 000 tonnes de viande de porc) n'avaient pas été utiles car les prix sont plus bas maintenant qu'à l'époque où les produits ont été stockés. L'Autriche a donc demandé un stockage privé plus long. La Hongrie, la France et la Belgique ont soutenu les inquiétudes du ministre autrichien. L'Allemagne est intervenue pour dire que les mesures de stockage n'ont pas eu les effets escomptés sur les prix. M. Hogan a répondu qu'il était impossible d'étendre la durée des contrats de stockage privé.
Viande bovine. La France a estimé que même si la situation n'était pas aussi grave que dans le secteur de la viande de porc, il fallait envisager, s'agissant du secteur de la viande bovine, un certain nombre de mesures (stockage privé de longue durée). Mais la Commission ne le juge pas nécessaire.
Riz. L'Italie (suivie par l'Espagne) a expliqué qu'elle avait des problèmes au sujet des importations (à droit zéro éventuellement, selon les résultats des négociations commerciales) du riz en provenance du Vietnam et du Cambodge. (Lionel Changeur)