Bruxelles, 13/07/2015 (Agence Europe) - Dans un mémorandum publié vendredi 10 juillet, des organisations représentant le secteur du transport et de la logistique (IRU, CLECAT, Leaseurope, ETB, EEA, Green Freight Europe, Nordic Logistics Association et Transport & Environnement) demandent à la Commission européenne de tirer pleinement parti du logiciel VECTO, actuellement en développement, qui vise à simuler le plus précisément possible le taux d'émissions de CO2 rejeté par les véhicules utilitaires lourds mis sur le marché (EUROPE 11084).
Ces organisations proposent ainsi à la Commission de se concentrer sur deux objectifs. Le premier est de mettre en place des procédures d'évaluation « transparentes, précises, crédibles, évolutives et efficaces » qui instaureraient un cadre à la fois lisible et sûr permettant de faciliter les prises de décisions rationnelles des agents économiques. Dans ce but, les auteurs de la lettre recommandent à la Commission de mettre à disposition « de tous les opérateurs des transports routiers commerciaux des outils efficaces, tels qu'un indicateur de consommation de carburant intégré dans le tableau de bord des camions, afin de les aider à mieux surveiller leur consommation de carburant et émission de CO2 ». Le second objectif avancé par les signataires est d'aménager des procédures permettant « de lever les barrières commerciales en augmentant la transparence des marchés et la comparabilité des véhicules et ainsi stimuler la concurrence entre les constructeurs tout en améliorant l'accès à l'information auprès des utilisateurs finaux ».
Selon les industriels, VECTO permettrait ainsi aux petites entreprises de transport routier (85% du parc global) de comparer les performances des véhicules, si possible, par une simple consultation en ligne, ce qui, selon eux, remédierait au manque d'information actuel. Ils demandent ainsi l'intégration des paramètres entrants (performances aérodynamiques, résistance au roulement, cartographie du moteur) et leur mise à disposition « des tiers », tout en prenant en compte la confidentialité des données des constructeurs.
Le mode de calcul des émissions de CO2 des véhicules lourds est plus complexe que pour les véhicules légers, explique une source proche du dossier, puisque leur chaîne de production est plus éclatée et leur consommation de carburant plus erratique (typiquement, le cas des camions benne). Alors qu'une limite d'émissions est applicable pour les véhicules légers, le système doit être plus adapté aux spécificités des véhicules lourds, aux yeux des constructeurs.
Présenté en mai 2014 par la Commission dans le cadre de sa stratégie de réduction d'émission de CO2 relative aux véhicules utilitaires lourds, l'objectif de l'outil VECTO est de permettre la mise en place d'un système de certification, de déclaration et de contrôle des émissions de CO2 des véhicules utilitaires neufs (camions, autobus et autocars), ceci, grâce à une simulation réaliste. Sa finalisation est prévue pour la fin de l'année.
En parallèle, un acte d'exécution est en cours d'élaboration d'ici mi-2016 et devrait passer en comitologie en vue d'intégrer le logiciel VECTO dans la directive 2007/46/CE. Par ailleurs, un règlement MRV (suivi, notification et vérification des émissions de gaz à effet de serre) est en gestation au sein de la Commission qui espère, après avoir consulté les acteurs du secteur, soumettre un projet législatif en 2016. La crainte des constructeurs du secteur serait de voir le Parlement européen imposer des limites rigides d'émissions de CO2, indique une source. (Pascal Hansens)