Bruxelles, 25/06/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen a énoncé sa vision d'une Union économique et monétaire (UEM) renforcée en reprenant à son compte, mercredi 24 juin, le projet de rapport 'Berès' qui met l'accent sur la convergence économique et l'investissement (EUROPE 11336).
« Lorsque nous regardons le niveau du chômage, la faible inflation et la faible croissance, sans parler de la Grèce, il y a urgence à se pencher à nouveau sur l'Union économique et monétaire », a déclaré Pervenche Berès (S&D, française), lors d'un débat en séance plénière. Elle a estimé que l'équilibre trouvé autour du rapport « sur des sujets qui nous divisent » montre qu'« il y a un chemin possible, avec ou sans révision du traité », mais que, pour achever l'UEM, il faudra faire preuve de la même volonté politique que celle démontrée pour achever l'union bancaire.
Le rapport a été adopté avec les seules voix des groupes S&D et PPE, la 'grande coalition' disposant de la majorité politique au Parlement européen. Le groupe ADLE a voté les amendements mais a rejeté la résolution finale, estimant que les recommandations du rapport 'Berès' n'allaient pas aussi loin que celles du rapport des '5 présidents' (Commission européenne, Conseil européen, BCE, Eurogroupe, Parlement européen) sur le renforcement de la gouvernance économique en zone euro et à l'ordre du jour du Sommet européen, ce vendredi (EUROPE 11342 et 11340). Deux résolutions alternatives, au rapport 'Berès' déposées par les groupes Verts/ALE et ELDD ont été rejetées par la plénière.
Le rapport 'Berès' met l'accent sur l'importance de l'investissement pour stimuler la croissance en Europe. Pour que l'investissement soit « une question à traiter en permanence » et devienne « un indicateur clé » des politiques économiques en Europe, il faut bâtir sur la communication de la Commission interprétant la flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance, a estimé la socialiste française (EUROPE 11229). Le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan 'Juncker' d'investissement, ne devrait pas non plus constituer un unique coup d'essai (EUROPE 11342).
Pour réformer l'UEM à plus long terme, le PE insiste sur l'importance de promouvoir la « convergence » des économies de la zone euro, à travers la fixation d'objectifs pour la zone euro en tant qu'ensemble et la correction des déséquilibres macro-économiques entre les États membres. Sur les réformes structurelles, nous demandons que leur impact soit évalué dans la durée, « pas uniquement en termes de coût du travail mais aussi en fonction de critères sociaux, environnementaux et économiques », a souligné Mme Berès. Et de poser la question du critère de la dette publique contenu dans le Pacte qui, selon elle, « ne correspond pas à la réalité de la politique économique ». (Mathieu Bion)