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Bulletin Quotidien Europe N° 11343
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Athènes et ses créanciers sommés de trouver un accord samedi 27 juin

Bruxelles, 26/06/2015 (Agence Europe) - Plusieurs dirigeants européens ont appelé, vendredi 26 juin, la Grèce et ses créanciers à se mettre d'accord, samedi lors d'un prochain Eurogroupe, sur les réformes nécessaires pour mener à bien le second plan de sauvetage grec et éviter le défaut de paiement au 30 juin, après qu'une énième réunion 'de la dernière chance' de l'Eurogroupe s'est soldée, jeudi, par un nouvel échec.

« Nous avons eu une longue discussion », a expliqué Donald Tusk, président du Conseil européen, qui avait invité le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à informer les dirigeants de l'état des discussions. M. Tusk a ajouté que tous les dirigeants étaient désormais conscients de la situation et des potentielles conséquences. Un nouveau sommet de la zone euro ne sera pas nécessaire, ni vendredi ni ce week-end, a souligné M. Tusk. Selon plusieurs médias la question d'un plan 'B' en cas d'échec aurait été abordée.

Les leaders européens ont fermement renvoyé la balle dans le camp de l'Eurogroupe, enceinte où les décisions finales devront être prises. La chancelière allemande, Angela Merkel, a en effet estimé que le dossier grec n'était pas du ressort des chefs d'Etat et de gouvernement, alors que la Grèce insiste pour que les négociations aient lieu au plus haut niveau politique. « L'Eurogroupe de samedi est d'importance cruciale, il y a urgence, il faut aboutir samedi », a-t-elle ajouté. Les dirigeants italien, Matteo Renzi, et français, François Hollande, ont tenu ce même discours d'urgence.

Jeudi, l'Eurogroupe a été encore ajourné, à nouveau pour laisser les 'institutions' (Commission, BCE, FMI) prendre le relais des discussions (EUROPE 11342). L'Eurogroupe avait deux papiers sur la table: une position commune des 'institutions' et une toute dernière version de propositions grecques. Comme l'a souligné M. Dijsselbloem, cette dernière étant arrivée trop tard, il appartient désormais aux 'institutions' de les analyser. Cette analyse visera à voir quels sont les compromis possibles à la lumière du dernier papier grec. Une ultime proposition de compromis pourrait donc être mise sur la table, samedi, et l'objectif sera de voir si les Etats de l'eurozone « peuvent vivre avec », de même que les Grecs, selon une source.

Pendant l'Eurogroupe de jeudi, le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, aurait estimé que les propositions des 'institutions' étaient trop éloignées de l'accord du 20 février ayant prolongé le plan de sauvetage de 4 mois. « Il reste des points à éclaircir », a admis Mme Merkel.

Selon le plan des créanciers transmis à l'Eurogroupe, mis en ligne par le Financial Times, l'âge légal de la retraite serait repoussé à 67 ans d'ici 2022, alors que le papier grec transmis lundi fixait la limite à 2025. La suppression graduelle d'EKAS, la prime pour les plus petites retraites, serait prévue pour fin 2019. Sur la TVA, les 'institutions' accepteraient un taux de 13% pour l'électricité, mais le taux sur les restaurants et l'hôtellerie grimperait à 23%. Les créanciers continuent aussi d'insister sur la suppression des exemptions sur la TVA pour les îles. Selon une source grecque, l'écart sur la TVA serait d'environ 400 millions d'euros.

Du côté grec, on ne pouvait par ailleurs pas assurer que le gouvernement allait accepter les propositions des créanciers. Du côté de la Commission, on estime que le président Juncker a épuisé toutes les marges disponibles et même essuyé les critiques des deux côtés. Le dirigeant italien, Matteo Renzi, s'est tout de même dit confiant pour un accord.

L'Eurogroupe devrait également, samedi, prolonger le programme grec de cinq mois, soit jusque novembre. L'expiration du programme, le 30 juin, coïncide avec l'échéance de remboursement d'1,6 milliard d'euros au FMI. Jeudi, depuis Washington, le porte-parole du FMI, Gerry Rice, a dit s'attendre à ce que la Grèce honore ses engagements. Si Athènes ne paie pas, elle se retrouverait en défaut de paiement et la directrice générale, Christine Lagarde, en informerait alors « rapidement » le conseil d'administration du FMI.

Pour rembourser, un scénario possible serait que la Grèce puisse recevoir à temps 1,9 milliard de profits engendrés sur les titres grecs que la BCE a acquis dans le cadre du programme 'SMP'. Le versement de cette enveloppe ne nécessiterait pas l'approbation préalable des parlements nationaux, selon une source. « Mais le Bundestag semble penser autrement », soufflait-elle néanmoins. (Elodie Lamer avec AN, MB, EH)

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