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Bulletin Quotidien Europe N° 11330
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) climat

Le G7 déterminé à signer un accord ambitieux à Paris, cap sur 2 degrés Celsius

Bruxelles, 08/06/2015 (Agence Europe) - C'est un message d'encouragement que les chefs d'État et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés au monde (France, Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis) ont voulu adresser au monde, lundi 8 juin depuis Elmau (Bavière) pour que la Conférence climatique de Paris (COP 21, 30 novembre-11 décembre) soit un succès et apporte une réponse mondiale au problème du changement climatique après-2020.

C'est à cette fin qu'ils se sont dits « fermement déterminés » à signer, à Paris en décembre prochain, un Protocole ou tout autre instrument climatique mondial « ambitieux, juridiquement contraignant, applicable à tous, solide, et reflétant les conditions particulières nationales qui évoluent ».

Et en gage de leur bonne volonté à l'égard des pays en développement, pour qui le financement est capital, ils ont également réitéré leur engagement à mobiliser de plus en plus de fonds publics et privés pour assumer la part qui leur revient dans les 100 milliards de dollars par an promis en 2009 à Copenhague par les pays industrialisés pour soutenir les efforts d'atténuation et d'adaptation des pays en développement à compter de 2020.

Le G7 insiste sur la nécessité que le Protocole de Paris soit transparent pour rendre possible le suivi des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs - dont le niveau d'ambition devra aller croissant, précise-t-il - et pour permettre « à tous les pays de se mettre sur la voie d'un développement sobre en carbone et résilient, compatible avec l'objectif de contenir la hausse moyenne des températures à la surface de la planète en dessous des 2 degrés Celsius » par rapport à l'ère préindustrielle.

Tous les pays du G7 - y compris le Japon - ont désormais dévoilé ou soumis à l'ONU leur offre de contribution nationale (INDC) au futur accord, ce dont le G7 se félicite, mais ces offres reposent sur des années de référence différentes. En effet le Japon prévoit une réduction de 26% de ses émissions à l'horizon 2030 par rapport à 2013, un choix moins ambitieux que celui des États-Unis, avec une réduction de 26 à 28% à l'horizon 2025 par rapport à 2005, et que celui de l'UE, avec une réduction d'au moins 40% d'ici à 2030 par rapport à 1990). D'où l'importance que revêt la transparence des offres.

« Le G7 est clairement favorable à des règles contraignantes. Celles-ci n'existent pas actuellement. Ce doit être l'objectif de la Conférence de Paris. Nous voulons nous assurer que tous les pays soient en mesure d'opter pour un développement respectueux de l'environnement pour que l'objectif de 2 degrés Celsius soit respecté. Nous nous acceptons pleinement cet objectif. Nous acceptons un projet de dé-carbonisation de l'économie mondiale tout au long du siècle (soit l'horizon 2100 et non 2050 comme l'espéraient les ONG: NDLR). Nous sommes d'accord que pour l'atteindre, il faudra réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre », a déclaré à la presse Angela Merkel, à l'issue du sommet.

Et d'ajouter « Nous reconnaissons les recommandations du dernier rapport du GIEC qui préconise une réduction de 40 à 60 % d'ici à 2050. Une réduction de 50% ne suffirait pas. Il faut envisager plutôt 40% à 70%. Chacun devra apporter sa contribution. Les pays du G7 s'engageront ».

Répondant à un journaliste, elle a insisté sur l'importance d'une contribution future de la Chine car, « même si demain les pays du G7 n'émettaient plus de CO2, ils ne pourraient pas, à eux seuls, atteindre les 2 degrés Celsius. La Chine doit participer. Elle a fait beaucoup d'efforts. Elle mise sur les énergies renouvelables (énergie solaire, éolienne), mais elle a dit clairement qu'elle allait s'atteler aussi à réduire ses émissions de CO2 après une certaine phase ».

S'agissant du financement des 100 milliards de dollars par an, Mme Merkel a précisé que les promesses devront être garanties. « Avant la conférence de Paris, nous devons pouvoir concrétiser cet objectif. Beaucoup de pays en développement, beaucoup d'archipels ne viendront à Paris avec l'intention de signer un accord que si les objectifs de financement sont garantis », a averti la chancelière.

Dans la déclaration finale, le G7 souligne qu'il ambitionne de porter le nombre d'assurés contre les sinistres climatiques dans les pays en développement les plus vulnérables à 400 millions de personnes d'ici à 2020, ce qui revient à multiplier ce nombre par quatre.

Le G7 affirme qu'il œuvrera aussi à accélérer l'accès de l'Afrique et des pays en développement d'autres régions du monde à l'énergie renouvelable. La chancelière s'est réjouie à cet égard que le G7 ait repris à son compte une proposition de la commission de l'Union africaine. « Une initiative pour les énergies renouvelables ou un plan sera élaboré en vue de Paris pour permettre aux pays africains d'avoir accès aux énergies propres et renouvelables », a-t-elle indiqué.

Le G7 affiche en outre son ambition de rendre le Fonds vert pour le climat pleinement opérationnel en 2015 et d'en faire « une institution clé pour l'architecture du financement climatique futur ». (Aminata Niang)

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