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Bulletin Quotidien Europe N° 11327
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La Commission prend la main, mais ne laisse rien filtrer

Bruxelles, 03/06/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a confirmé, mercredi 3 juin, avoir invité, le soir même, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, afin de discuter « de l'état des lieux des négociations » entre la Grèce et les institutions (Commission, BCE, FMI). « Nous n'attendons pas d'issue finale ce soir, c'est une première discussion et pas une conclusive », a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission.

Ce dernier a par contre refusé de confirmer si des représentants du FMI et de la BCE ainsi que le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, seraient également présents. Beaucoup de personnes entrent et sortent de la Commission, s'est-il contenté de dire, ajoutant que M. Juncker était en contact permanent avec tous les acteurs impliqués. Il s'agit d'une invitation personnelle, a également dit M. Schinas.

En ce qui concerne la base de la discussion, il n'a pas non plus voulu commenter tel ou tel document spécifique. M. Schinas a répété que la Commission avait décidé de ne pas offrir de commentaires sur les nombreux documents qui circulent entre les parties impliquées dans les discussions.

Les institutions peaufinaient toutefois ce que certains décrivaient comme une dernière offre à la Grèce. Le gouvernement grec avait, quant à lui, annoncé avoir envoyé sa propre proposition lundi soir. MNI décrivait les documents mis sur la table par les deux parties comme « inconciliables ».

De son côté, le Premier ministre grec a expliqué, par communiqué, n'avoir reçu aucun commentaire sur la proposition qu'il a transmise lundi, ni sur aucun autre document. Avec le président Juncker, « je vais discuter la proposition du gouvernement grec », a déclaré M. Tsipras. Le Grec comptait expliquer au président de la Commission qu'aujourd'hui, « plus que jamais, il est nécessaire que les institutions accèdent au réalisme auquel le gouvernement grec a adhéré ces trois derniers mois (…) ».

Le gouvernement veut, par exemple, un objectif d'excédent budgétaire primaire raisonnable. Selon le président de la BCE, Mario Draghi, les perspectives de croissance dégradées de la Grèce doivent être prises en compte pour déterminer ce que ces objectifs budgétaires appropriés doivent être. Selon M. Draghi, « un accord solide est nécessaire, qui favorise la croissance, l'équité sociale, garantisse la durabilité des finances publiques et s'attaque aux derniers facteurs d'instabilité dans le secteur financier. Une fois que l'accord sera ficelé, le financement suivra », a-t-il ajouté. (Elodie Lamer avec Mathieu Bion)

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