Bruxelles, 03/06/2015 (Agence Europe) - Une étude, publiée, lundi 1er juin par la Commission européenne, souligne l'importance croissante des exportations de l'UE pour les possibilités d'emploi en Europe.
Conduit conjointement par le Centre conjoint de recherche et la Direction générale du commerce, ce rapport analyse l'interaction complexe entre les activités commerciales, les marchés de l'emploi et des revenus dans tous les États membres de l'UE et arrive à trois conclusions majeures: les exportations de l'UE vers le reste du monde sont de plus en plus importantes pour soutenir l'emploi en Europe, et les emplois liés à l'exportation sont en moyenne mieux payés que les emplois dans le reste de l'économie ; tous les citoyens européens tirent profit des exportations, en travaillant soit dans des entreprises qui exportent, soit dans des entreprises qui fournissent des intrants pour les exportateurs ; avec l'expansion des chaînes de valeur mondiales, les exportations de l'UE soutiennent de plus en plus d'emplois, dans l'UE et chez ses partenaires.
Selon l'étude, entre 1995 et 2011, les emplois dans l'UE soutenus par les exportations vers le reste du monde ont augmenté de 67% pour atteindre 31,1 millions, soit 12,5 millions d'emplois supplémentaires par rapport à 1995. La part de l'emploi soutenu par les ventes de biens et services vers le reste du monde dans l'emploi total a crû de 9% en 1995 à 14% en 2011. Selon les dernières données, un emploi sur sept dans l'UE est soutenu directement ou indirectement par les exportations de l'UE vers le reste du monde.
En 2011, les exportations de produits manufacturés de l'UE ont soutenu 61% des emplois liés aux exportations, le secteur des machines et matériels de transport étant, à lui seul, à la source de 9,6 millions d'emplois, tandis que l'industrie des métaux de base et le secteur des produits chimiques soutiennent 2,9 millions et 2 millions d'emplois respectivement. La contribution des exportations de services a aussi augmenté, avec 36% des emplois dans l'UE soutenus par les exportations en 2011 contre 26% en 1995.
En moyenne, les emplois dans l'UE liés aux exportations sont mieux payés que les emplois dans le reste de l'économie, ce qui reflète le saut de productivité des entreprises exportatrices. Les données de 2009 ont montré que cette prime de compensation profite aux emplois soutenus par les exportations dans toute la gamme de compétences: 5% pour les emplois peu qualifiés, 9% pour les emplois moyennement qualifiés et 16% pour les emplois hautement qualifiés.
En outre, le nombre d'emplois soutenus par les exportations est en augmentation dans tous les États membres: en 2011 par rapport à 1995, les plus fortes hausses ont été enregistrées au Luxembourg (296%), en Irlande (187%), à Malte (147%), en Grèce (126%), en Espagne (126%) et en Autriche (121%). En 2011, l'Allemagne en hébergeait le plus grande nombre (7,1 millions), devant le Royaume-Uni (3,9 millions), l'Italie (3,1 millions) et la France (2,6 millions).
L'étude constate aussi que la compétitivité des exportations de chaque État membre se base sur la compétitivité des autres États membres. En 2011, 84% en moyenne de l'emploi soutenu par les exportations extra-communautaires se situait dans l'État membre qui a exporté, en fin de chaîne, vers le reste du monde (contre 87% en 1995), tandis que les 16% restants des emplois (contre 13% en 1995) se situaient dans d'autres États membres où les intrants nécessaires aux exportations ont été achetés. En Slovaquie, en République tchèque, en Estonie, en Belgique et en Pologne, plus de 25% des emplois soutenus par les exportations de l'UE ont été stimulés par les exportations des autres États membres. Ce chiffre était, en revanche, inférieur à 10% en Grèce, à Chypre, en Irlande et en Lituanie.
L'Allemagne, elle, reste la locomotive: en 2011, ses exportations vers le reste du monde ont soutenu près de 6,2 millions sur son territoire, mais aussi 1,3 million d'emplois dans d'autres États membres, dont 200 000 en Pologne, 140 000 en Italie, 130 000 au Royaume-Uni, et 120 000 en République tchèque et en France. La France vient ensuite, avec 500 000 emplois soutenus dans d'autres États membres, devant l'Italie (370 000 emplois) et le Royaume-Uni (340 000 emplois).
L'étude montre aussi que les exportations de l'UE soutiennent un nombre croissant d'emplois au-delà de ses frontières: 19,2 millions d'emplois en 2011, soit 10 millions de plus qu'en 1995. En moyenne, chaque milliard d'euros d'exportations de l'UE vers le reste du monde y soutient quelque 8 600 emplois.
Enfin, l'étude montre que les emplois liés aux exportations de biens et services vers les pays tiers reposaient à 35% sur les partenaires clés en 2011, dont 15% avec les États-Unis (4,7 millions d'emplois), 10% avec la Chine (3 millions d'emplois), 6% avec la Russie (2 millions d'emplois) et 4% avec la Turquie. Le nombre d'emplois liés aux exportations vers les États-Unis est important pour tous les États membres, mais il est particulièrement important pour l'Irlande, l'Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique. Pour ces États membres, les exportations vers les États-Unis étaient responsables, en 2011, pour plus de 20% des emplois soutenus par les exportations (près de 25% pour l'Irlande). (Emmanuel Hagry)