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Bulletin Quotidien Europe N° 11327
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Migrants, la Commission convaincue du soutien de Paris et Berlin à ses propositions

Bruxelles, 03/06/2015(Agence Europe) - Le commissaire européen en charge des Migrations et des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, s'est dit prêt, mardi 2 juin, lors de la réunion du G6 des ministres de l'Intérieur, à Moritzburg, à rediscuter des propositions présentées le 27 mai dernier concernant la redistribution de 40 000 migrants entre les États membres, et notamment de la clef de répartition retenue par l'exécutif, qui soulève certaines réserves parmi plusieurs États membres.

La France et l'Allemagne avaient en effet fait savoir lundi 1er juin, dans une position commune, que, si elles soutenaient en principe les propositions d'un mécanisme solidaire d'urgence, la clef de répartition choisie, basée sur le PIB national, la taille de la population, le taux de chômage et le nombre de demandeurs d'asile déjà reçus, s'avérait encore déséquilibrée et nécessitait des discussions supplémentaires (EUROPE 11325).

Le commissaire Avramopoulos s'est ainsi réjoui, dans une déclaration, du « soutien de la France et de l'Allemagne à nos propositions ». « Et bien sûr nous sommes prêts à discuter avec les États membres des modalités de mise en oeuvre des mécanismes », a-t-il ajouté, jugeant toutefois que les propositions de la Commission visant à 'redistribuer' sur deux ans 40 000 migrants en besoin de protection internationale et 20 000 réfugiés issus des camps de l'ONU dans les pays tiers étaient « plutôt raisonnables, compte tenu du fait que 6 000 migrants sont arrivés ces derniers jours ».

Alors que la position de Berlin et Paris, publiée le 1er juin, a été diversement interprétée, la Commission européenne ne doute pas du soutien des deux capitales à son mécanisme d'urgence et se montre toujours optimiste sur la possibilité d'atteindre une majorité qualifiée au Conseil, en contrepartie probablement de certaines modifications apportées aux critères.

Mais il y a un bémol: plusieurs sources européennes doutent en effet du fait qu'un accord sera possible dès le 16 juin à Luxembourg, lors de la réunion des ministres de l'Intérieur. « C'est encore un peu tôt », concède une source. Or, le prochain Conseil des ministres de l'Intérieur n'aura lieu qu'en octobre. Attendre quatre mois pour adopter le dispositif serait quelque peu en contradiction avec l'idée de la Commission de répondre à l'urgence actuelle de l'Italie et de la Grèce.

Ce dispositif d'urgence pourrait toutefois être adopté par n'importe quelle formation du Conseil, observe une autre source, si la Présidence de l'UE, lettone ou luxembourgeoise, juge le débat suffisamment avancé au Coreper. Mais elle pourrait en effet tout aussi bien décider d'attendre le Conseil d'octobre des ministres de l'Intérieur si les travaux ne devaient pas être assez mûrs.

La discussion à venir des ministres à Luxembourg devrait en tout cas donner de premières indications sur le scénario qui sera retenu. Le Conseil européen, réuni quant à lui les 25 et 26 juin, est censé lui aussi donner un signal politique sur ces mesures proposées par la Commission. (Solenn Paulic)

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