login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11327
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

Bientôt des règles modernisées contre les conflits d'intérêt

Bruxelles/Valencia, 03/06/2015 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) adoptera « prochainement » des règles internes modernisées afin de minimiser les conflits d'intérêt.

L'épisode Coeuré était « une erreur », a admis le président de la BCE, Mario Draghi, convaincu de la nécessité d'« éviter toute situation de conflit d'intérêt » vis-à-vis des acteurs de marché. Il a ajouté que l'institution européenne allait « moderniser » ses règles « prochainement » afin d'éviter que de telles erreurs se produisent.

Mi-mai, Benoit Coeuré, membre du directoire de la BCE, avait déclaré à un groupe de gestionnaires de fonds souverains que l'Institut de Francfort allait amplifier avant l'été ses rachats de titres dans le cadre de son opération de 'quantitative easing' destinée à stimuler l'économie et à faire remonter l'inflation à un niveau correspondant à sa mission première. Cette annonce avait provoqué des fluctuations du cours de l'euro alors que le discours de M. Coeuré, tenu en soirée, n'avait été publié que le lendemain matin. « Le texte était supposé être rendu public en même temps, voire à peine avant », a assuré M. Draghi.

Au 29 mai, la BCE avait racheté plus de 146 milliards d'euros de titres publics dans le cadre de son opération de 'quantitative easing'.

M. Draghi a indiqué ne pas être surpris par la rapidité à laquelle l'inflation était repartie à la hausse sous l'impulsion de la politique très accommodante de la BCE. Après avoir atteint un niveau plancher début 2015, l'inflation est retournée dans des territoires positifs (0,3% en mai, selon Eurostat). L'institution européenne a légèrement revu à la hausse ses prévisions en matière de hausse des prix sur base annuelle pour 2015 (0,3%) sans modifier celles pour 2016 (1,5%) ni pour 2017 (1,8%). Selon M. Draghi, la remontée de l'inflation renforce la conviction que le Conseil de gouverneurs a pris la bonne décision en élaborant le 'QE' et d'autres mesures non conventionnelles (injection massive de liquidités, rachats de titres privés). « Beaucoup de chemin reste à parcourir » avant d'envisager toute stratégie de sortie de notre politique, a-t-il ajouté.

S'attendant à ce que la base de la croissance économique s'élargisse, l'ancien gouverneur de la Banca d'Italia a estimé que la reprise était « sur les rails exactement comme ce à quoi nous nous attendions ». Toutefois, il a reconnu « une perte légère de dynamisme » qui serait « principalement due aux économies émergentes hors zone euro », alors que la consommation au sein de la zone euro est bonne. La BCE prévoit que la croissance économique dans l'eurozone atteigne 1,5% en 2015, 1,9% en 2016 et 2,0% en 2017.

Sur le plan budgétaire, l'institution européenne s'attend à une diminution continue du déficit moyen de la zone euro, qui passerait de 2,1% du PIB en 2015 à 1,5% en 2017. Même chose pour la dette publique moyenne qui devrait diminuer de 91,5% à 88,4% du PIB sur la même période.

La BCE a maintenu inchangés les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement (0,05%), de la facilité de prêt marginal (0,3%) et de la facilité de dépôt (-0,2%). (Mathieu Bion)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
BRÈVES