Bruxelles, 03/06/2015 (Agence Europe) - Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a annoncé, mardi 2 juin dans la soirée, avoir pris des mesures à l'encontre de la Russie, en raison de l'interdiction d'entrée sur le territoire russe de 89 personnalités politiques européennes dont 17 députés européens (EUROPE 11325).
Ainsi, en « attendant la levée de la liste noire », l'accès « libre » au Parlement est limité à l'ambassadeur Vladimir Chizhov et à « un autre diplomate nommé ». Celui-ci sera toujours le même et ne pourra pas changer au gré des sujets des réunions. Actuellement, les Russes ont trois badges permanents, selon le porte-parole de M. Schulz. Les demandes d'accès au Parlement européen par les membres du Parlement russe, la Douma et le Conseil de la Fédération, seront évaluées « au cas par cas ». M. Schulz a aussi décidé de suspendre l'engagement du Parlement européen à la coopération parlementaire UE-Russie.
« Dans la mesure où les autorités russes ont échoué à assurer la transparence dans leurs décisions, en conformité avec le droit international et les obligations légales, et de donner aux personnes ciblées le droit à la défense et au recours, (M. Schulz) estime qu'il est maintenant justifié de prendre des mesures appropriées en réponse », a expliqué son service de presse dans son communiqué.
Le 2 juin, M. Schulz a informé M. Chizov de sa décision et en informera officiellement la conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen jeudi 4 juin. Le porte-parole de M. Schulz a précisé à EUROPE que ce dernier avait discuté de la situation avec le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, et la co-présidente des Verts, Rebecca Harms, qui figurent tous deux sur la liste de personnes interdites d'entrée en Russie, ainsi qu'avec les « chefs des socialistes et du PPE ».
Selon Politico, la députée Anna Maria Corazza Bildt (PPE, suédoise) aurait répondu par mail à M. Schulz que sa décision était « arbitraire et antidémocratique». « Nous avons demandé à vous rencontrer, mais vous êtes allé devant le public avant même d'écouter ceux qui sont concernés. (…) Nous sommes sur la liste en tant qu'individus, le Parlement européen n'est pas sanctionné en tant qu'institution. Je vous remercie de demander aux autorités russes des précisions sur la liste et de votre souhait de montrer votre solidarité, mais je déplore la manière contre-productive et de représailles avec laquelle vous avez décidé de réagir ». Jacek Saryusz-Wolski (PPE, polonais) a considéré « mauvaise » cette décision.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, s'est montré insensible aux mesures.
« Je pense que l'on peut en effet ne pas visiter cette assemblée (vu) qu'il n'y a rien à y faire, qu'il y ait ou non des restrictions », a-t-il expliqué. Il a considéré que la décision de Martin Schulz reflétait une « misère politique intellectuelle». (Camille-Cerise Gessant)