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Bulletin Quotidien Europe N° 11318
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) numÉrique

Andrus Ansip présente le projet de marché numérique au PE

Bruxelles, 20/05/2015 (Agence Europe) - Les députés du Parlement européen sont globalement d'accord avec la Commission européenne pour dire qu'il y a urgence à mettre en oeuvre un vrai marché unique numérique.

Le vice-président de la Commission Andrus Ansip a présenté aux députés, mardi 19 mai à Strasbourg, la stratégie du marché unique numérique dévoilée deux semaines plus tôt. Il a passé en revue les points essentiels de la stratégie qui comprend seize initiatives ambitieuses déclinées autour de trois piliers, destinées à améliorer l'accès des consommateurs et des entreprises aux biens et aux services numériques.

La stratégie vise notamment plus de protection pour les consommateurs en ligne, l'élimination du géo-blocage, la révision des règles télécoms et la modernisation du droit d'auteur. Andrus Ansip a mis en exergue la nécessité d'agir rapidement et de réaliser tous les projets établis: « si nous ne réussissons à mettre en oeuvre que la moitié d'entre eux, nous n'arriverons pas à mettre sur pied un véritable marché unique numérique », a-t-il averti. Il s'est dit conscient de l'ampleur de la tâche et du peu de temps pour agir: « C'est une grande entreprise. Nous avons seulement 18 mois pour préparer les initiatives et prendre toutes les décisions clés ».

Plusieurs députés sont intervenus après la présentation d'Andrus Ansip pour prendre position:

Au nom du PPE, la Française Françoise Grossetête a salué l'initiative de la Commission, en insistant sur l'importance d'agir vite et en profondeur. La société s'ouvre à une nouvelle révolution industrielle considérable où tout sera numérique ; or, « soit l'Europe monte à bord, soit elle devient simplement une colonie numérique », a déclaré Mme Grossetête, en ajoutant: « L'Europe doit être créatrice de numérique, pas seulement consommatrice ». Pour le groupe S&D, la députée estonienne Marju Lauristin a mis l'accent sur les compétences numériques et des défis que le marché unique numérique posera en termes d'éducation, de formation et de recyclage des ressources humaines. « Il ne s'agit pas seulement du marché unique numérique, mais de la société numérique en Europe », a-t-elle précisé, en expliquant que la numérisation « a besoin de nouvelles compétences ». Elle a conclu que si les opportunités sont immenses, les risques le sont aussi. Pour la Britannique Vicky Ford, du groupe CRE, il faut exploiter les avantages de l'économie numérique, « voilà la clé de la compétitivité, de l'emploi et de la croissance ». Pour elle, « certains points de la stratégie sont bons, d'autres doivent encore être travaillés ». Et de conclure: « le marché unique numérique est un marché mondial. Construire une forteresse autour de l'Europe ne fonctionnera pas ». Prenant la parole pour le groupe ADLE, la députée tchèque Dita Charanzová a estimé que la Commission aurait pu être plus ambitieuse: « la stratégie devrait même aller plus loin pour créer des règles du jeu équitables pour toutes les entreprises européennes, surtout pour les PME qui doivent débourser beaucoup d'argent pour pouvoir vendre au-delà de leurs frontières », a-t-elle souligné. Pour la GUE/NGL, le député néerlandais Dennis de Jong a convenu que « l'innovation est cruciale pour l'économie européenne et Internet doit en faire partie », en insistant: « nous devons nous assurer qu'Internet demeure un forum libre et ouvert ». L'Autrichien Michel Reimon (Verts/ALE) a été plus mitigé: « Nous avons entendu parler de l'amélioration de l'accès des consommateurs aux biens et aux services, mais pas un mot sur l'accès à la connaissance », a-t-il déploré. Le député italien David Borrelli, du groupe EFD, a estimé pour sa part que « le chemin à parcourir est encore long ». «Actuellement seules 7% des PME européennes vendent des produits en dehors de leur pays d'origine, et seuls 15% des consommateurs achètent en ligne dans un autre pays », a-t-il remarqué. Enfin, la députée française non inscrite Mylène Troszczynski a critiqué la volonté de la Commission de supprimer les frontières nationales. « Vous faites preuve de mépris à l'égard des nations et des peuples », a-t-elle affirmé.

Le Parlement présentera bientôt un rapport où elle défendra ses idées par rapport à la proposition de la Commission, rapport auquel contribueront plusieurs commissions parlementaires. Le marché numérique sera également à l'ordre du jour du sommet du Conseil européen de juin. (Isabelle Lamberty)

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