Bruxelles, 20/05/2015 (Agence Europe) - L'optimisme affiché en début de semaine par les autorités grecques a laissé sa place à la mise en garde, mercredi 20 mai, contre un défaut de paiement au FMI, le 5 juin prochain, si un accord n'est pas trouvé entre-temps. À cette date, la Grèce doit rembourser 300 millions d'euros au FMI.
Nikos Filis, porte-parole de Syriza (le parti au pouvoir) au Parlement national, a déclaré sur la chaîne ANT1 que les parties étaient « arrivées au moment où les négociations doivent aboutir. C'est désormais le moment de vérité, le 5 juin ». Il a ajouté que, si d'ici là il n'y avait pas d'accord réglant le problème de financement, « ils n'auront pas d'argent ». M. Filis a expliqué que le gouvernement s'assurerait d'abord de disposer des fonds nécessaires pour payer les salaires et les retraites, avant de rembourser le FMI.
« Le moment de vérité », ce sont également les mots utilisés par Tasos Koronakis, secrétaire du comité central de Syriza, dans un communiqué relayé par la Gauche européenne. « Quatre mois de négociations épuisantes ont passé, pendant lesquels les créanciers de la Grèce ont systématiquement insisté pour forcer le gouvernement Syriza à mettre en œuvre le programme d'austérité qui a été rejeté par le peuple grec lors des élections du 25 janvier », a-t-il déclaré, avant de tenir les institutions (Commission, BCE, FMI) pour responsables en cas de non-remboursement des échéances à venir. « L'asphyxie en liquidités orchestrée par les institutions a mené à une situation critique pour les finances de notre pays, rendant insoutenable le remboursement des obligations à venir », a-t-il affirmé. Le gouvernement grec « a montré qu'il pouvait être créatif en remboursant ses créanciers, mais nous devons aller vite », a dit le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, devant le Sénat français. Pour rembourser le FMI, début mai, le gouvernement grec a puisé dans sa position de réserve auprès de l'institution de Washington.
Au sein du groupe de Bruxelles, selon le quotidien grec Kathimerini, les progrès seraient notables du côté de l'objectif d'excédent primaire, qui pourrait être fixé à 1% du PIB. Du côté de la Commission, et en grande partie en raison du temps perdu, on reconnaît que l'objectif budgétaire doit être réaliste, notamment du fait qu'il ne reste que six mois au gouvernement grec pour atteindre cet objectif.
Selon Kathimerini, les autorités grecques auraient proposé la mise en place d'une taxe de 0,1% ou 0,2% sur les transactions bancaires dans le but de collecter 300 à 600 millions d'euros par an.
Sur la question de la TVA, les dernières propositions grecques seraient de fixer un taux de 18%, sauf pour les transactions par carte bancaire, qui serait alors à 15%, un taux de 9,5% pour la nourriture, les médicaments et les livres (6,5% en cas de transactions par carte bancaire). Cette proposition aurait été rejetée par les créanciers. L'espoir du côté grec serait par ailleurs de repousser les discussions sur la réforme des pensions à plus tard dans l'année.
Pendant ce temps, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'activerait en coulisses pour assurer que les députés de son parti votent en faveur de modifications au plan d'aide grec, selon Bloomberg, qui ajoute qu'un tiers de ses alliés seraient réticents. Toutefois, note Bloomberg, en comptant sur les partenaires de la coalition et l'appui du parti écologiste (à l'opposition), la chancelière allemande a toujours réussi à obtenir l'aval du Bundestag aux plans d'assistance financière. (Elodie Lamer)