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Bulletin Quotidien Europe N° 11318
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) partenariat oriental

Un sommet pour faire le point, sans grandes annonces

Bruxelles, 20/05/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne et les pays du Partenariat oriental (Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie et Ukraine) se retrouvent, jeudi 21 et vendredi 22 mai, à Riga pour un sommet qui devrait avant tout permettre de faire le point sur leurs relations.

Le sommet sera l'occasion « de reconfirmer l'importance que l'UE et les six partenaires attachent au Partenariat oriental », a expliqué un haut fonctionnaire européen. Selon ce fonctionnaire, « tous les pays partenaires ont la volonté d'approfondir et d'intensifier de manière qualitative les relations avec l'UE et l'UE est ouverte à cela ». L'Ukraine, la Géorgie et la République de Moldavie ont signé un accord d'association avec l'UE, alors que le Belarus et l'Arménie font partie de l'Union eurasiatique avec la Russie et que l'Azerbaïdjan ne souhaite s'associer avec aucun des deux grands ensembles. « Nous sommes engagés avec chacun d'eux dans différentes phases », a ajouté le fonctionnaire européen. « Le mot clé est la différenciation », a-t-il poursuivi.

Après un sommet de Vilnius en 2013 lors duquel le président ukrainien avait refusé de signer l'accord d'association avec l'UE, ce qui avait conduit aux événements de Maidan, le sommet de Riga devrait être plus calme, sans grandes annonces. Si l'on attendait l'annonce de la libéralisation des visas pour la Géorgie et l'Ukraine, finalement elle ne viendra pas. La Commission européenne a publié, le 8 mai, des rapports de progrès qui, s'ils soulignent les progrès des deux pays, ajoutent que certains critères doivent encore être remplis (EUROPE 11311). Le sommet devrait tout de même être l'occasion de reconfirmer que la mobilité accrue des citoyens reste un « objectif clé » du Partenariat oriental.

Pas non plus de lancement officiel de nouvelles négociations pour un accord-cadre avec l'Arménie, contrairement à ce qu'espérait le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn (EUROPE 11278). La Commission a adopté une recommandation au Conseil visant à autoriser l'ouverture de ces négociations le 19 mai (voir autre nouvelle), mais il faut encore que le Conseil donne son aval.

Les dirigeants devraient aussi appeler à la poursuite des réformes, en particulier concernant l'indépendance du pouvoir judiciaire, la prévention efficace et la lutte contre la corruption et l'administration publique. Ils pourraient également discuter de la politique énergétique et de la dimension commerciale du Partenariat oriental, dont l'amélioration de l'environnement des entreprises. Le sommet sera ainsi l'occasion d'annoncer un Fonds pour la zone de libre-échange complet et approfondi pour les PME de Géorgie, de Moldavie et d'Ukraine d'un montant de 200 millions d'euros. Cela va permettre aux PME de faire une demande pour des investissements d'institutions financières en particulier de la BERD et de la BEI, ce qui permettra un effet de levier allant jusqu'à 3 milliards d'euros.

Si les dirigeants pourraient discuter du conflit dans l'est de l'Ukraine et des efforts visant la désescalade et une solution politique à cette crise, le sommet « n'est pas là pour s'insérer» dans la résolution du conflit, a expliqué le haut fonctionnaire.

En marge du sommet, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, va signer avec l'Ukraine un protocole d'accord sur le troisième paquet d'assistance macro-financière de 1,8 milliard d'euros pour 2015 et 2016. Ce paquet a été proposé par la Commission début janvier (EUROPE 11226), puis adopté par le Parlement européen en mars et par le Conseil en avril.

Une nouvelle fois, une des questions en suspens est la terminologie qui sera employée dans la déclaration finale concernant le futur européen des pays du Partenariat oriental. « Nous n'avons pas vu de perspective européenne dans aucune déclaration depuis le sommet (constitutif) de Prague (en 2009). La question (de l'élargissement) n'est pas, à ce stade, à l'agenda. Nous ne disons pas oui ou non, mais nous parlons de la mise en oeuvre de ce qui a été convenu (…) Si la mise en oeuvre est réussie, la question se posera peut-être de nouveau », a expliqué la source européenne. Pour le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, qui représentera son pays à Riga, « il y a un débat dans l'UE où il faut essayer de trouver un équilibre entre la solidarité et la notion de politique d'élargissement, ce qui n'est pas facile ».

Les États membres seront représentés par leur chef d'État ou de gouvernement, mis à part l'Espagne, le Luxembourg et l'Irlande, qui seront représentés au niveau ministériel. Les présidents arménien, ukrainien et moldave seront aussi présents, tout comme le Premier ministre géorgien et le ministre des Affaires étrangères d'Azerbaïdjan. Le Belarus devrait être représenté au niveau politique, mais aucun nom n'a encore été confirmé. Les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen et du Parlement européen seront aussi présents, tout comme la Haute Représentante, et les commissaires à la Politique de voisinage et au Commerce.

Le sommet sera précédé par une conférence des médias, une conférence de la société civile et un business forum. (Camille-Cerise Gessant)

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