Strasbourg, 28/04/2015 (Agence Europe) - Les coordinateurs des groupes politiques écologistes et S&D du Parlement européen se sont rencontrés, lundi 27 avril, en marge de la session plénière de Strasbourg, pour examiner comment ils pourraient renforcer leur collaboration.
Selon Isabelle Thomas (S&D, française), il a été convenu que les députés des deux groupes travailleraient plus étroitement dans les commissions parlementaires où ils siègent. Chaque vice-président de groupe établira également un contact privilégié avec un vice-président de l'autre groupe.
Le Belge Philippe Lamberts, co-président du groupe Verts/ALE, s'est néanmoins montré assez négatif: « Ils disent qu'ils veulent travailler avec nous, mais oseront-ils mettre le PPE en minorité ? On sait bien que, à chaque fois qu'ils veulent le faire, un coup de fil du 'Berlaymont' vient les rappeler à l'ordre ». Le Berlaymont est le siège de la Commission européenne. Selon lui, le vote au PE sur l'accord de libre-échange UE/États-Unis en cours de négociation constituera un bon test puisque « le PPE le veut, les Verts ne le veulent pas, et le Parlement ne pourra voter que 'oui' ou 'non' ». « Les S&D devront donc choisir », a-t-il noté.
Parlant sous le couvert de l'anonymat, un eurodéputé socialiste a critiqué les propos de M. Lamberts, fustigeant sa « position de principe qui le conduit à toujours tout critiquer ». Et d'ajouter: « Les S&D se sont déjà désolidarisés du PPE, par exemple lors du vote sur le programme de travail 2015 de la Commission européenne. M. Lamberts doit se rendre compte que, en tenant ce genre de propos, il met en danger ce rapprochement entre les groupes Verts et S&D - rapprochement qu'il dit pourtant souhaiter ».
L'Italien Gianni Pittella, président du groupe S&D, a lui déclaré qu'il était « normal » que le PPE, l'ADLE et les S&D, en tant que groupes formant la 'grande coalition' du Parlement européen, travaillent ensemble pour que « les propositions législatives arrivent à bon port ». « Mais cela ne veut pas dire que nous sommes réduits au silence: nous pouvons aussi coopérer avec d'autres groupes », a-t-il conclu. (Jean Comte)