Riga/Bruxelles, 28/04/2015 (Agence Europe) - Les autorités chypriotes envisagent deux émissions à long terme cette année afin de consolider leur accès aux marchés internationaux en vue de la sortie du programme d'ajustement économique, espérée sans filet.
« En vue de l'achèvement de notre programme, des progrès suffisants ont été réalisés sur tous les fronts pour rétablir la viabilité de nos finances publiques », a déclaré Harris Georgiades, ministre chypriote des Finances, lors d'une interview à l'Agence Europe, vendredi 24 avril, en marge de l'Ecofin à Riga. « Tout cela a restauré la crédibilité » de l'île, a expliqué M. Georgiades, ajoutant que les réformes avaient été bien reçues par les marchés. « Nous avons fait un retour sur les marchés l'année dernière et nous voulons répéter l'exercice probablement deux fois cette année et, essentiellement, cela établira un accès aux marchés viables pour finir le programme à temps et sans difficultés », a expliqué le Chypriote. Interrogé sur le fait de savoir si cette sortie se ferait sans filet, c'est-à-dire sans ligne de crédit de précaution du MES, il s'est dit « très optimiste » quant à cette possibilité.
Il a énuméré les embellies qui le confortent dans cette idée: le dénouement positif, au Parlement national, de la question du cadre sur l'insolvabilité, qui ouvre la voie à la participation de Chypre au programme 'quantitative easing' de la BCE (rachat de titres publics), des résultats budgétaires meilleurs que les objectifs fixés et la levée totale des mesures de restriction du mouvement des capitaux. M. Georgiades a noté que, depuis cette levée totale, « les flux de dépôts dans les banques ont été positifs, c'est une autre manifestation du retour de la confiance », a-t-il dit. L'adoption tant attendue du cadre sur les saisies immobilières va par ailleurs permettre à la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) de reprendre sa mission à Chypre. Celle-ci doit notamment évaluer le cadre adopté à la lumière des amendements des députés. « Je pense que nous devrions adopter une approche 'image globale', cela améliore le cadre juridique ; cette réforme devra peut-être être revue une fois appliquée en pratique, nous sommes prêts à la réévaluer, si nécessaire, pour déterminer des améliorations », explique le Chypriote.
« Notre situation budgétaire est meilleure que prévu, nos besoins en recapitalisation bancaire sont également plus bas que ce que nous pensions » et les banques ont été capables de lever du capital privé, précise le ministre. Cela veut dire qu'une partie de l'enveloppe du plan d'assistance financière du MES va rester « probablement inutilisée ». « C'est la raison pour laquelle nous serions intéressés d'avoir des discussions avec les institutions et l'Eurogroupe pour utiliser une partie de ce coussin afin de refinancer la dette », explique le ministre, qui ajoute que l'action sera neutre pour la dette. Il s'agirait, selon lui, d'utiliser une partie du coussin pour rembourser de la dette privée, plus onéreuse, et donnerait un coup de fouet à l'économie. « Je l'ai mis sur la table, mais nous n'avons pas encore eu de discussion substantielle », a expliqué le ministre. (Elodie Lamer)