Bruxelles, 28/04/2015 (Agence Europe) - Le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, a souligné, devant le comité des négociations commerciales, mardi 28 avril, que des progrès avaient été accomplis dans le processus de discussions sur le programme de travail post-Bali pour boucler le round de Doha.
« S'il est clair que nous avons encore un long chemin à parcourir et que certains domaines s'avèrent très problématiques, il ne fait aucun doute dans mon esprit que nous faisons des progrès. Après plusieurs années d'impasse, nous réalisons de véritables percées », a résumé M. Azevedo, expliquant que « beaucoup de bon travail » a été réalisé dans les trois volets clés - agriculture, produits industriels et services.
« Parfois, les présidents des différents comités de négociation sont confrontés à des grands écarts de position, mais ils ne sont pas découragés. Ils continuent à presser les membres à s'engager, à provoquer de nouvelles conversations et à explorer de nouvelles idées », a expliqué le patron de l'OMC.
« Nous devons rester concentrés sur ce qui est faisable. Nous devons être prêts à quitter nos zones de confort, et chacun devra y mettre du sien », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'appeler les capitales à un plus haut degré d'engagement à mesure que les discussions s'approchent du but.
Dans la foulée du mini-accord de Bali conclu en décembre 2013 et de l'accord sur la mise en oeuvre de l'accord sur la facilitation des échanges dégagé en décembre 2014, les 160 pays membres de l'OMC doivent établir d'ici le 31 juillet un programme de travail sur les principaux volets du round de Doha - agriculture, produits industriels, services, règles - pour rendre possible un accord politique global lors de la conférence ministérielle de Nairobi, en décembre prochain au Kenya.
Parmi les questions les plus problématiques, le volet agricole reste le dossier d'achoppement majeur. Lors d'une réunion informelle du comité de négociations agricoles vendredi 24 avril, son président, l'ambassadeur néo-zélandais John Adank, a tiré la sonnette d'alarme, évoquant le « besoin urgent de passer de la répétition des positions à la recherche de solutions ». Parmi les sujets les plus épineux, M. Adank a mentionné le soutien interne, le traitement du soutien de minimis, le soutien de la boîte bleue, l'accès au marché et la question des sauvegardes. La question de la concurrence à l'exportation fait l'objet de moins de divergences.
Sur le volet 'services', la majorité des délégations se sont déclarées prêtes à amorcer les discussions sur le programme de travail post-Bali concernant ce dossier, lors d'une réunion informelle du conseil sur le commerce des services, le 20 avril. Mais certaines délégations ont exprimé le souhait d'attendre d'avoir une idée plus claire de la teneur du programme de travail dans les volets agriculture et produits industriels.
Sur le volet 'règles', les délégations ont approuvé, le 14 avril, la proposition du président du groupe de négociation compétent, l'ambassadeur jamaïcain Wayne McCook, d'organiser, le 4 mai, une discussion sur la place que les membres envisagent d'accorder à ce volet dans le programme de travail post-Bali. Les négociations sur les règles portent sur l'accord OMC relatif à l'antidumping, l'accord OMC sur les subventions et mesures compensatoires, les disciplines de l'OMC relatives aux subventions à la pêche et les dispositions de l'OMC s'appliquant aux accords commerciaux régionaux. (Emmanuel Hagry)