Bruxelles, 24/04/2015 (Agence Europe) - Le jour du deuxième anniversaire de la tragédie du Rana Plaza, la Commission européenne a publié, vendredi 24 avril, un rapport de progrès sur le 'pacte de durabilité', initiative lancée en juillet 2013 avec l'UE, les États-Unis et l'OIT pour améliorer les droits du travail et la sécurité dans le secteur du prêt-à-porter au Bangladesh et promouvoir la responsabilité sociale des entreprises dans la chaîne d'approvisionnement. L'exécutif européen salue « beaucoup de progrès », mais il appelle le gouvernement du Bangladesh à poursuivre et accélérer ses réformes.
En deux ans, des résultats tangibles ont été engrangés: les droits du travail au Bangladesh sont désormais mieux protégés grâce aux amendements apportés en juillet 2013 à la loi sur le travail qui ont permis d'améliorer les règles sur la liberté syndicale, la négociation collective et la sécurité au travail. Le nombre de syndicats dans l'industrie du vêtement a doublé, avec plus de 300 nouveaux syndicats enregistrés.
Les autorités bangladaises ont aussi renforcé leur capacité d'inspection des usines et des « progrès réels » ont été enregistrés en matière de sécurité des bâtiments et lieux de travail. Plus de 250 inspecteurs ont été formés et déployés et leurs résultats sont rendus publics. Sur un total de 3 500 usines de vêtements ciblées, plus de 2 500 inspections de sécurité sur la base de normes communément admises ont été conduites. Des mesures correctives sont prises là où des lacunes ont été identifiées et 32 usines ont été fermées.
En outre, plusieurs projets sont en cours pour promouvoir une conduite responsable des entreprises, dont deux programmes internationaux du secteur privé (l'un pour la sécurité bâtiments, l'autre pour celle des travailleurs) et le programme de l'OIT Better Work Bangladesh. Enfin, une indemnisation et une reconversion sont assurées aux familles des victimes et aux survivants, avec la participation de l'UE.
Mais, pour la Commission, « davantage doit être fait ». L'exécutif européen attend du gouvernement bangladais un renouvellement de son engagement pour que certaines exigences du pacte soient mises en oeuvre à travers la législation et en pratique. À court terme, Dacca doit mener trois actions prioritaires: mettre « d'urgence » en application les réformes de 2013 sur le droit du travail ; conduire des enquêtes et lancer des poursuites contre les pratiques déloyales en matière de travail, incluant la discrimination et les représailles et violences antisyndicales ; agir en faveur des droits des travailleurs dans les zones franches d'exportation.
À moyen terme, la Commission attend une nouvelle réforme de la loi sur les droits du travail pour la rendre pleinement conforme aux conventions de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective. En matière d'inspections d'usine, le gouvernement bangladais est invité à accroître les ressources disponibles pour les autorités responsables de la sécurité des bâtiments et incendie et à se préparer à prendre en charge les inspections lorsque les initiatives privées s'achèveront en 2018.
Lors d'une conférence au Parlement européen mercredi 22 avril, Mme Malmström a aussi appelé les marques et les détaillants à accroître leur contribution au fonds de compensation Rana Plaza Trust. À ce jour, 8,5 millions de dollars seulement sur l'objectif de 30 millions de dollars ont été récoltés.
« Certains progrès ont été réalisés, mais la pleine application du pacte reste indispensable pour promouvoir les droits du travail et assurer des conditions de travail sûres au Bangladesh. Alors que le pays est confronté à de grands défis politiques et sociaux, le pacte de viabilité peut être un exemple sur la façon de répondre aux besoins de base et aux attentes légitimes de la population du Bangladesh », a commenté la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini.
« À mesure que nous progressons dans l'amélioration des droits humains et syndicaux, j'espère que le Bangladesh pourra continuer à bénéficier de l'accès préférentiel au marché de l'UE dans le cadre de l'initiative 'Tout sauf les armes' », a conclu Mme Malmström. (Emmanuel Hagry)