Bruxelles, 24/04/2015 (Agence Europe) - L'UE et l'Ukraine vont tenir, lundi 27 avril, leur 17ème sommet à Kiev. Le dernier sommet remonte au 25 février 2013, avant donc les événements de Maïdan, l'annexion de la Crimée et le conflit dans l'est du pays. Il s'agit aussi du premier sommet depuis la signature de l'accord d'association qui inclut un accord pour une zone de libre-échange.
L'événement devrait permettre de faire le point sur les relations bilatérales. Pour les Ukrainiens, il s'agit, selon une source, d'un « sommet de la solidarité et du soutien », entre autres, dans le cadre du conflit dans l'est du pays. Du côté européen, on met l'accent sur la mise en oeuvre de l'accord d'association et des réformes politiques et économiques, sur la crise dans l'est de l'Ukraine et la mise en oeuvre des accords de Minsk et la préparation du sommet du Partenariat oriental de Riga, les 21 et 22 mai. La partie européenne souhaite faire le point sur les réformes en cours en Ukraine, en particulier sur la réforme de la constitution, dont le statut spécial des régions orientales, la décentralisation, la lutte contre la corruption, la réforme de la justice ou du secteur énergétique. Les deux parties pourraient aussi discuter de la création d'un bureau d'investigation anti-fraude UE/Ukraine.
La situation macroéconomique de l'Ukraine devrait aussi être discutée, alors que l'UE a déjà mobilisé 6 milliards d'euros pour assurer la stabilité macroéconomique du pays depuis mars 2014.
De son côté, l'Ukraine devrait insister sur la libéralisation des visas. Le cinquième rapport de progrès devrait être publié avant le sommet de Riga. Selon une source ukrainienne, quelques questions techniques demeurent mais peuvent être résolues facilement. La question serait avant tout politique, deux États membres étant toujours réticents à cette libéralisation des visas.
La partie ukrainienne pourrait aussi revenir à la charge concernant la mise en place d'une mission de politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l'UE pour sécuriser la frontière avec la Russie, considérant que la mission de contrôle de l'OSCE est « bien mais pas suffisante ». Kiev aurait soumis à l'UE une liste de 15 idées de tâches que pourrait avoir cette mission PSDC, afin de soutenir l'arrangement de Minsk. Selon une source européenne, l'UE étudie actuellement les propositions « en détail ». « Il n'y a pas de raison de remplacer la mission OSCE », a-t-elle ajouté.
Le sommet débutera par une trilatérale entre le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président ukrainien, Petro Porochenko. La rencontre sera suivie d'un déjeuner puis d'une session plénière. La Haute Représentante, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, seront aussi du voyage.
Le 28 avril, M. Juncker, M. Hahn, mais aussi les vice-présidents de la Commission en charge de l'Euro et du Dialogue social, Valdis Dombrovskis, et de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, participeront à une conférence internationale sur la réforme, à Kiev. Selon une source, la conférence a pour vocation de faire le point et non d'annoncer de nouvelles aides. Cette conférence vise aussi à préparer la conférence des investisseurs qui devrait avoir lieu avant la fin de l'année. (Camille-Cerise Gessant)