Bruxelles, 24/04/2015 (Agence Europe) - Les exportations européennes de produits alimentaires ont progressé de 2% en valeur entre août et décembre 2014 (comparé à la même période un an plus tôt), et ce malgré l'embargo imposé par la Russie sur les produits agricoles de l'UE. Les chutes des ventes de fromages, de beurre et des fruits et légumes sont compensées par les autres productions.
Après la chute brutale du mois d'août 2014, les exportations ont même atteint des niveaux record au mois d'octobre. Les exportations vers la Russie ont fortement chuté passant de 5 à 3 milliards € (-38%), résultat d'un arrêt complet des exportations dans les catégories de produits interdits et d'une légère augmentation (+ 0,5%) pour les produits non soumis à cette interdiction.
L'UE est parvenue à compenser ses pertes à l'exportation vers la Russie en augmentant ses exportations vers la plupart de ses autres principaux marchés. Des hausses importantes en valeur ont été réalisées entre août et décembre 2014 vers les États-Unis (+693 millions €, soit +10%, dont +185 millions € durant le seul mois de décembre), la Chine qui représente désormais la deuxième destination des produits agroalimentaires européens (+377 millions €, +13%, dont 167 millions en décembre), la Suisse (+82 M €, +3%) et sur d'autres marchés asiatiques clés comme Hong Kong (+391 M €, +23%) et la Corée du Sud (+242 M €, +31%).
Concernant les produits soumis à l'embargo russe, d'importantes pertes de valeur ont été enregistrées pour les produits suivants: - fromage (-289 millions €, ou -19%,) ; - fruits et légumes (-322 millions €, ou -12%) et ; - le beurre (-9 millions €, ou -4% , mais avec une forte reprise en décembre 2014 par rapport à 2013). En ce qui concerne le secteur de la viande, les données globales sur les cinq mois donnent une image moins préoccupante que pour les autres secteurs, indique la Commission: les exportations de porc sont stables par rapport à 2013, augmentant même en décembre et les exportations de viande de boeuf et de volaille ont progressé respectivement de 10 et 3%.
« Les pertes sur le marché russe ont été compensées par des gains vers d'autres destinations: l'Asie pour la viande de porc, la Turquie et l'Asie pour la viande de boeuf et l'Afrique pour la viande de volaille », constate la Commission. Les exportations ont été particulièrement dynamiques pour les produits de boulangerie, les pâtes et les aliments pour nourrissons (+558 millions €, +14%), le chocolat, les confiseries et les glaces (+222 millions €, +10%), la nourriture pour animaux de compagnie (+135 millions €, +11%) ou encore le gluten (+98 millions €, +10%).
Dans une réponse aux inquiétudes exprimées par le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE) concernant le secteur des fruits et légumes, Jerzy Plewa, directeur général de l'agriculture à la Commission européenne, se veut rassurant: « La situation n'est pas si négative (…). Au contraire, nous constatons une reprise des cours des tomates, choux-fleurs, oranges, citrons et kiwis. Les prix des mandarines, poivrons, concombres et raisins de tables sont stables ». Aucune nouvelle mesure d'urgence n'est donc pour le moment prévue par la Commission. (Lionel Changeur)