Bruxelles, 16/04/2015 (Agence Europe) - L'UE et ses États membres doivent intensifier leurs efforts et accroître les financements afin de promouvoir des habitudes alimentaires saines et la consommation de produits alimentaires locaux chez les enfants. C'est le sens du résultat du compromis obtenu mardi 14 avril en commission de l'agriculture du Parlement, qui a étoffé la proposition initiale sur les programmes visant à distribuer des fruits, des légumes et du lait dans les établissements scolaires.
« Force est de constater que la consommation de fruits, de légumes et de lait diminue partout en Europe, entraînant de nombreuses conséquences négatives pour les citoyens. Le but des nouvelles dispositions est d'agir davantage dans nos écoles - non seulement pour fournir à nos enfants des produits alimentaires sains, mais aussi pour leur inculquer des habitudes alimentaires plus saines », a déclaré Marc Tarabella (S&D, belge), auteur du rapport sur ce dossier, adopté à une large majorité (32 voix pour, 6 contre et 7 abstentions).
La commission de l'agriculture a soutenu le projet de base visant à fusionner les deux programmes, distincts à l'heure actuelle - l'un en faveur de la consommation de lait dans les écoles et l'autre en faveur des fruits et légumes -, et à accroître les mesures éducatives déjà incluses dans le programme sur les fruits afin d'inclure le lait.
La commission parlementaire, en adoptant des amendements, a fait en sorte: - d'élargir la liste des produits alimentaires qui pourraient prétendre à un financement européen, afin d'inclure notamment les produits laitiers locaux qui ont des effets positifs prouvés sur la santé des enfants, par exemple les yaourts, fromages et caillebotte (à condition qu'ils ne soient pas aromatisés et qu'ils ne contiennent pas de fruits, noix ou cacao ajoutés) ; - d'obliger les États membres à allouer 10 à 20% des fonds européens à des activités éducatives conçues, par exemple, pour encourager des habitudes alimentaires saines et la production durable, avec notamment des visites dans des fermes et la distribution occasionnelle de spécialités locales telles que les fruits ou légumes transformés (mais ils ne devront pas contenir du sucre, des matières grasses, du sel ou de l'édulcorant ajoutés), le miel, les olives ou les fruits séchés ; - de prévoir 20 millions d'euros supplémentaires par an pour les mesures concernant le lait (le financement annuel en faveur du lait et des produits laitiers devrait donc atteindre 100 millions d'euros et celui pour les fruits et les légumes, 150 millions) ; - de garantir une répartition plus équitable des fonds européens entre États membres, en fixant deux critères principaux pour l'ensemble du programme: la proportion des enfants de six à dix ans au sein de la population et le degré de développement de la région dans chaque État membre. Pour le lait, l'utilisation historique des fonds du programme en faveur de la consommation de lait serait également prise en considération, mais seulement pendant les six premières années, et serait équilibrée par un nouveau montant annuel minimum d'aide européenne par enfant.
Prochaines étapes. Le PE se prononcera sur ce dossier lors de la plénière du 27 mai à Bruxelles.
Le programme en faveur de la consommation de lait à l'école a été créé en 1977 alors que le programme en faveur de la consommation de fruits à l'école a été introduit en 2007 et comprend une dimension éducative. Les 28 États membres participent au programme en faveur de la consommation de lait à l'école alors que le programme en faveur de la consommation de fruits est appliqué dans 25 États membres (tous sauf le Royaume-Uni, la Finlande et la Suède). Plus de 20 millions d'enfants sont en surpoids et les adolescents consomment en moyenne 30 à 50% seulement de l'apport journalier recommandé en fruits et légumes. (Lionel Changeur)