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Bulletin Quotidien Europe N° 11296
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La Commission insatisfaite des progrès enregistrés jusqu'ici

Bruxelles, 16/04/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé, jeudi 16 avril, que les progrès enregistrés dans les discussions entre la Grèce et ses bailleurs de fonds étaient insuffisants jusqu'ici.

« Les discussions sont en cours ; cependant, à ce stade, nous ne sommes pas satisfaits du niveau de progrès réalisés jusqu'ici, le travail doit être intensifié » d'ici au prochain Eurogroupe, qui aura lieu à Riga le 24 avril, a expliqué le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas. Pointant le fait que les ministres des Finances sont à Washington cette fin de semaine pour les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, M. Schinas a espéré que ces pourparlers « vont produire, à tous les niveaux, les progrès que nous aimerions voir ». Selon ses informations, le groupe de Bruxelles (qui réunit les autorités grecques, la Commission, le FMI et le fonds FESF) ne devait pas se réunir physiquement ces jours-ci.

Les commentaires de la Commission interviennent au lendemain de déclarations vives du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, selon lequel personne ne croit à une solution positive au dossier grec avant l'Eurogroupe du 24 avril, la clé d'un accord étant surtout dans le camp grec. Soulignant les embellies constatées il y a peu au niveau des indicateurs économiques, M. Schäuble a reproché au gouvernement grec d'avoir « détruit tous les chiffres ». « Maintenant, personne ne sait comment se mettre d'accord sur un programme ambitieux », a-t-il déploré. Le ministre a rappelé que l'UE avait des responsabilités communes et qu'il fallait s'y tenir, refusant de spéculer sur une sortie de la Grèce de l'Eurozone ou 'Grexit'. Tout en notant l'absence de contagion des problèmes grecs dans la zone euro sur les marchés.

La Commission européenne caressait jusqu'ici l'espoir de recevoir une liste complète de réformes avant le 20 avril, afin de laisser les travaux préparatoires de l'Eurogroupe avoir lieu. La Grèce se disait confiante, jusqu'ici, sur la possibilité d'un accord pour cet Eurogroupe. C'est que l'enjeu n'est pas des moindres dans la mesure où ses ressources financières s'amenuisent. Athènes a plusieurs fois mis en garde ses partenaires à ce propos. Selon le Financial Times, elle aurait par ailleurs essayé de négocier, avec le FMI, un délai pour les remboursements de ses prêts dus en mai (pour près d'un milliard d'euros en deux paiements). Le FMI aurait refusé. Pour faire face à ses échéances, le gouvernement Syriza envisageait d'utiliser les réserves des entreprises publiques grecques. Il doit notamment payer les pensions et les salaires pour un total de près de 2 milliards d'euros à la fin du mois.

Les Américains montrent des signes d'inquiétudes quant aux discussions qui tirent en longueur. La Grèce et ses créanciers doivent trouver un accord pour éviter des événements comme une sortie de la Grèce de la zone euro qui causerait d'« énormes perturbations et difficultés », a dit le secrétaire du Trésor américain, Jacob J. Lew, cité par Bloomberg. Il rencontrera ce vendredi le ministre grec des Finances, celui-ci s'étant entretenu jeudi avec le président américain, Barack Obama.

Jeudi, la Grèce a toutefois vu ses taux d'emprunt grimper en flèche. Le taux d'intérêt des titres souverains à 10 ans a atteint 13%, un des plus hauts depuis décembre 2012, alors que le taux à trois ans culmine à 28,23%, un des plus hauts depuis mars 2012. Face à une telle situation, l'agence de notation Standard and Poor's a dégradé la note de la Grèce, mercredi, de B- à CCC+, assortie d'une perspective négative. (Elodie Lamer)

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