Bruxelles, 14/04/2015 (Agence Europe) - L'ambassadrice de Chine auprès de l'UE, Mme Yang Yanyi, a plaidé devant la commission du commerce international du Parlement européen, mardi 14 avril, pour l'extension des relations commerciales entre l'UE et la Chine, à long terme, via un accord de libre-échange.
Dans un souci d'ouverture accrue, « la Chine évolue vite pour mettre en oeuvre une stratégie de zones de libre-échange. Nous avons notamment conclu un tel accord avec l'Australie. Un accord avec le Japon est une de nos priorités cette année. Et nous espérons, à terme, arriver à un accord de libre-échange avec l'UE. Même si c'est une perspective de long terme, il est souhaitable que nous menions des études de faisabilité conjointe en ce sens. Un tel accord serait positif pour les deux parties », a expliqué Mme Yang.
L'ambassadrice chinoise a aussi souligné l'engagement de la Chine à mener à bien ses négociations pour un accord d'investissement avec l'UE, lancées en janvier 2014. « Je suis pleinement confiante quant à la réussite finale de cet accord d'investissement global », a estimé Mme Yang. Mardi, la diplomate chinoise a fait part de discussions en progrès après cinq rounds de négociations.
L'accord recherché, qui remplacera les 26 accords bilatéraux sur l'investissement existants entre les pays membres de l'UE et la Chine, vise à garantir la protection juridique des investissements de l'UE et de la Chine (traitement équitable et non-discrimination, compensation en cas d'expropriation et sécurité juridique) et à assurer un accès au marché réciproque pour les investisseurs de l'UE et de la Chine. Sur ce second objectif, l'UE veut la levée des restrictions à l'investissement étranger sur le marché chinois, comme les exigences en matière d'établissement (co-entreprise et plafonds de participation), les interdictions d'investissement sectoriel par le biais du 'catalogue d'investissement', le transfert de technologies et les exigences de contenu local.
Mardi, Mme Yang a vanté les efforts de réforme et d'ouverture entrepris par la Chine, mentionnant des réformes pour rationaliser l'administration publique, des réformes fiscales et budgétaires, et des réformes du capital d'État et des entreprises d'État. Avec un stock d'investissements directs étrangers (IDE) de 120 milliards de dollars, l'UE est le premier investisseur en Chine, a souligné la diplomate chinoise, assurant que « la Chine [suivait] une approche proactive pour l'utilisation du capital étranger afin de créer un environnement sable, prévisible et équitable pour les investisseurs étrangers ».
Mme Yang a aussi vanté les mérites du « nouveau modèle de croissance chinois, plus qualitatif et plus orienté vers l'efficacité et l'innovation ». « Ce nouveau type d'industrialisation en Chine, orienté vers une croissance verte favorisera de nouvelles opportunités d'échanges qui vont participer à la relance en Europe », a fait valoir la diplomate chinoise.
Dirigeants européens et chinois se retrouveront fin juin à Bruxelles pour leur 17ème sommet qui sera suivi d'une nouvelle session du dialogue économique et commercial UE/Chine. « Parmi les réussites de notre coopération figure le traitement de nos différends commerciaux. Nous avons résolu les problèmes du vin et des panneaux solaires par le dialogue et la coopération. Ce qui importe vraiment, c'est l'engagement politique entre la Chine et l'UE pour maintenir notre dialogue à long terme afin de résoudre nos prochains sujets de confrontation et mettre en place des solutions convenues mutuellement bénéfiques », a commenté Mme Yang.
Enfin, l'ambassadrice chinoise a formulé le voeu que l'UE accorde à la Chine, en 2016, le statut d'économie de marché tant attendu par Beijing, estimant qu'à cette date, la Chine aura répondu aux cinq critères nécessaires. Un statut qui lui permettrait de se protéger des actions antidumping. (Emmanuel Hagry)