Riga, 14/04/2015 (Agence Europe) - Sauf à se voiler la face, l'UE n'atteindra pas l'objectif qu'elle s'est fixé d'enrayer la perte de biodiversité et de restaurer autant que faire se peut les écosystèmes et les services écosystémiques à l'horizon 2020.
Les ministres de l'Environnement des Vingt-huit, réunis en Conseil informel à Riga, l'ont reconnu mardi 14 avril, même si nombre d'États membres ont fait des progrès. Le dernier rapport alarmant de l'Agence européenne de l'environnement ne saurait être contesté (EUROPE 11266)
Améliorer la mise en oeuvre de la législation existante et mieux intégrer les préoccupations liées à la biodiversité dans les autres politiques sectorielles, comme l'agriculture, la pêche ou le tourisme, sont les deux priorités identifiées par les ministres pour la révision à mi-parcours de la stratégie prévue cette année. « Nous étions unanimes à reconnaître qu'il y a beaucoup à faire. Nous avons confirmé notre engagement à l'égard des objectifs de la stratégie. Le niveau de la législation doit être maintenu, mais les règles doivent être plus claires », a déclaré Kaspars Gerhards, président du Conseil, en résumant l'échange de vues.
Directives Habitats et Oiseaux, la Commission décidera début 2016 s'il faut les réviser
«Les États membres progressent à des rythmes différents. Il faut identifier les États membres qui ont le plus de difficultés, pourquoi ils ont ces difficultés et voir comment les aider », a renchéri le commissaire européen à l'Environnement, Karmenu Vella, en insistant sur la pleine mise en oeuvre de la législation existante et d'une stratégie intégrée qui conçoive « la biodiversité et la croissance économique comme les deux faces d'une même médaille ».
Le commissaire a indiqué à la presse qu'« une consultation est en cours » sur l'évaluation des directives 'Habitats' et 'Oiseaux sauvages' « en vue d'améliorer l'efficacité de ces législations » et que ce 'bilan de santé ' sera conclu au début de 2016, ce qui permettra à la Commission « de savoir si nous devons revoir ces directives ». Cette « évaluation en profondeur des directives 'Oiseaux' et 'Habitats' pour les fusionner en une législation plus moderne », inscrite dans le mandat du commissaire, avait suscité un véritable tollé lors de l'entrée en fonction de la Commission Juncker, les environnementalistes redoutant que ne soit détricotée une législation et abaissé le niveau de protection de la nature. (Aminata Niang)