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Bulletin Quotidien Europe N° 11294
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Désir d'agir collectivement, mais place à la « différenciation »

Bruxelles, 14/04/2015 (Agence Europe) - La rencontre informelle, lundi 13 avril à Barcelone, des ministres des Affaires étrangères de l'UE et des pays du « voisinage sud » (EUROPE d'hier) s'est terminée sur l'affirmation de la volonté de lutter avec détermination et conjointement contre le terrorisme et contre les flux incontrôlés de migrants. L'un des faits marquants est sans doute aussi le voeu de renouer un dialogue régional que tous jugent en panne. Une panne d'idées ajoutée à l'affaiblissement des moyens et la difficulté de « jouer collectif » qui a abouti maintenant au besoin d'adapter l'approche proposée au titre de la politique de voisinage.

Dans l'actualité qui touche la région, deux sujets paraissent s'imposer: le terrorisme qui s'ajoute aux dangers des flux humains illégaux ; les deux ne sont parfois pas sans liens. Tous sont d'accord pour en faire des cas d'urgence, abondamment cités. Et tous marquent la nécessité de réagir vigoureusement, non seulement pour réprimer ces phénomènes inquiétants, mais aussi par la prévention qui nécessite des appuis et des moyens pour combler les frustrations économiques et sociales. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a rappelé que son pays propose de former une cour internationale qui ne sera probablement pas liée à la Cour pénale internationale de La Haye (car tous les États n'y adhèrent pas), mais spécifique ; l'UNESCO en serait partie pour la défense des « biens immatériels de l'humanité ».

Aucun résultat concret n'était attendu: la réunion a surtout servi à confirmer la volonté d'oeuvrer ensemble pour relever les défis posés à l'Europe comme à ses voisins de la rive sud méditerranéenne et, selon la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, l'important est de travailler conjointement « davantage et plus efficacement » à tous les sujets d'intérêt commun. Elle a souligné le devoir qui s'impose à tous de réagir collectivement sur le terrorisme et l'immigration - en citant la question des réfugiés syriens en Jordanie et au Liban et les réfugiés libyens en Tunisie - ou aussi le développement économique, l'énergie, etc.

Mme Mogherini a aussi exprimé le voeu que soient rééditées de telles rencontres pour renforcer le dialogue euro-méditerranéen et l'espoir qu'elles soient organisées chaque année. Toutefois, elle n'en prône pas forcément l'institutionnalisation. L'UpM (Union pour la Méditerranée) semble elle-même marginalisée - et peu citée dans les interventions - à l'heure où les discours sont plus à la « différenciation » qui est en contradiction avec le désir de promouvoir l'action commune, remarque un observateur averti. La plupart des pays du Sud, en particulier les trois maghrébins, ont plaidé pour plus de bilatéralisme et pour être traités, chacun, selon ses spécificités et ses mérites. « Nous voulons aller loin », estiment les Tunisiens. D'autres, comme l'Algérie, mettent en avant leurs atouts dans l'approvisionnement de l'Europe en pétrole et gaz. Le Maroc joue, lui, sur son profil géostratégique.

« Il n'y a pas de résistance » à formaliser le cadre (euro-méditerranéen) et les occasions de dialogue ne manquent pas, a affirmé la Haute Représentante, observant que les réunions bilatérales ou les visites en marge de sessions internationales ont permis de maintenir utilement le dialogue. L'essentiel, à ses yeux, serait de prendre à bras-le-corps les sujets qui sont de grands défis pour cette région qui est l'une « des plus turbulentes au monde ».

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo y Marfil prévoit d'organiser avant la fin de l'année une rencontre de représentants des grandes religions. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a dit en ouverture sa conviction que « l'engagement commun entre les deux rives de la Méditerranée permettra de vaincre la barbarie du terrorisme et de promouvoir un espace commun de liberté, la stabilité et la prospérité. » (Fathi B'Chir)

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