Bruxelles, 07/04/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a pris note de la levée des dernières mesures de restriction au mouvement des capitaux, à Chypre, mais semble avoir les yeux davantage tournés vers le parlement national, qui a provoqué un nouveau délai dans la mise en oeuvre de la loi sur les saisies immobilières, condition nécessaire fixée pour que le plan d'aide chypriote soit remis sur les rails.
Chypre a levé, lundi 6 avril, les dernières mesures, qui avaient trait aux transactions extérieures à l'île. Les mesures de restriction au mouvement des capitaux avaient été introduites en 2013, pour éviter une ruée aux guichets après la ponction des dépôts au-dessus de 100 00 euros effectuée pour renflouer Bank of Cyprus.
« La Commission est consciente des étapes prises pour lever les contrôles du mouvement des capitaux restants », a déclaré Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission, mardi 7 avril, ne souhaitant pas commenter davantage. Mme Breidthardt a tout de même ajouté que, du point de vue de la Commission, et sur une note plus générale, il était d'« importance capitale que le programme soit remis sur les rails pour ancrer la confiance ».
La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a interrompu sa mission début février car le parlement avait suspendu la mise en oeuvre du cadre législatif sur les saisies immobilières (EUROPE 11281). Le clap de fin de cet épisode de plusieurs mois était attendu pour le 2 avril, mais le parlement national a repoussé à après Pâques le vote, qui devrait avoir lieu le 16 avril, selon la presse chypriote. Les prêts toxiques, contre lesquels le paquet sur l'insolvabilité entend lutter, ont atteint 53% des prêts au dernier trimestre de 2014, enregistrant une légère baisse.
À noter également que, dans ses dernières prévisions économiques, l'Université de Chypre anticipe une nouvelle année de récession en 2015, de l'ordre de 0,9% du PIB. Dans ses prévisions d'hiver, la Commission prévoit quant à elle une légère croissance à Chypre de 0,4%. (Elodie Lamer)