Bruxelles, 07/04/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a déclaré, mardi 7 avril, que les contacts entre la Grèce et les institutions (Commission, BCE, FMI) s'étaient poursuivis pendant le week-end et que c'était maintenant « aux Grecs de faire un pas », selon Alexander Winterstein, porte-parole de l'institution européenne.
La liste de réformes envoyée mercredi dernier par le gouvernement grec semble insuffisante pour les institutions à bien des égards. D'abord, parce qu'elle n'apporterait pas de contribution nouvelle aux discussions qui se tiennent au sein du 'groupe de Bruxelles' où les négociations sur le contenu des réformes se tiennent. Ensuite, certaines estimations de revenus sembleraient trop optimistes et, enfin, comme ce fut déjà le cas précédemment, certaines mesures iraient clairement dans la mauvaise direction. C'est le cas de certaines dispositions spécifiques à la lutte contre la crise humanitaire, qui ne cibleraient pas les groupes les plus vulnérables et pourraient ouvrir la porte à des abus. C'est le cas du plan de paiement pour que le contribuable rembourse ses dettes fiscales sans pénalité et avec des échéances trop clémentes, qui serait accessible également aux plus aisés.
Mardi 7 avril, dans un communiqué, le ministère grec des Finances a déclaré que le FMI était prêt à faire preuve de flexibilité sur la manière dont les propositions de réformes seraient évaluées. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a rencontré dimanche la directrice générale de l'institution de Washington, Christine Lagarde, et lui a garanti que la Grèce honorerait sa prochaine échéance de 450 millions d'euros le 9 avril, alors qu'un membre du gouvernement avait laissé entendre la semaine dernière que le contraire serait possible. Mme Lagarde a salué cette confirmation.
Lors d'une réunion ordinaire, les experts nationaux de l'Euro working group feront un nouveau point de la situation ce mercredi. La Grèce espère « une conclusion préliminaire » des discussions sur les réformes avec ses créanciers d'ici le 24 avril, lorsque l'Eurogroupe se réunira à Riga, a dit Yanis Varoufakis au quotidien Naftemporiki. Personne ne semble vraiment savoir avec certitude à quel moment la Grèce sera à court de liquidités. Selon la presse grecque, le gouvernement a déjà utilisé 1,9 milliard d'euros de réserves de trésorerie des entités gouvernementales afin de payer salaires et pensions et d'honorer ses échéances de remboursement.
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, sera à Moscou ce mercredi et y rencontrera le président russe, Vladimir Poutine. Selon The Guardian, les parties pourraient y signer un plan d'action sur trois ans dans les domaines de l'économie, du commerce, de la recherche et de la technologie. Selon Bloomberg, citant des officiels russes, Moscou ne prévoirait pas d'accorder un prêt à la Grèce.
Selon l'agence de presse russe RIA Novosti, un porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré mardi, à propos de la visite de M. Tsipras, qu'il n'était pas nécessaire « de limiter tout à des questions financières ou de crédit, les relations greco-russes sont plutôt à multiples facettes ».
Le gouvernement grec a également annoncé ce week-end avoir chiffré le montant des réparations de guerre dû par l'Allemagne. Devant une commission parlementaire nationale, le ministre adjoint des Finances, Dimitris Mardas, a dit que l'Allemagne devait à Athènes 278,7 milliards d'euros, soit plus que les prêts reçus par la Grèce dans le cadre de l'assistance financière internationale. L'Allemagne a plusieurs fois déclaré que le sujet était clos. (Elodie Lamer)